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Carnaval des Fleurs : source de profit pour l’un et déception pour l’autre

jeudi 1er août 2013 par Administrator

Le carnaval des Fleurs a été un évènement très attendu par les charpentiers, les peintres et les petits détaillants au Champ de Mars. Si les attentes sont comblées pour certains, pour d’autres, c’est la déception.

Mardi midi. Des peintres ajoutent les dernières touches à quelques stands au coeur du Champ de Mars, qui, dans moins de vingt-quatre heures, feront l’objet de destruction. Des petits marchands installent leurs marchandises et font signe aux passants. Dans deux heures ils doivent céder la place au défilé des chars. Les carnavaliers ne sont pas trop intéressés à porter un déguisement et la vente de ces produits n’est pas trop satisfaisante. « Les gens n’achètent pas car ils n’ont pas d’argent », se plaint une petite commerçante qui expose à même le sol au Champ de Mars : des chapeaux, des masques, des mouchoirs...

Les choses ne marchent pas comme prévu. Pourtant, dès le premier jour du carnaval, Dieuvet Pierre, marchand de breuvage glacé (Fresco), a témoigné d’un certain pessimisme. « Le carnaval n’est pas vraiment un évènement sur lequel les petits commerçants peuvent bâtir des projets. Moi, je suis présent aujourd’hui afin de continuer de promouvoir un nouveau modèle. Katalina, un modèle de propreté et de plus, c’est un art. Car, il s’agit d’un bateau qui marche sur terre », se vante-t-il.

D’autres petits commerçants se disent plus ou moins satisfaits. Selon eux, ce sont les visiteurs qui font des achats, non pas les carnavaliers. « Habituellement, je vends des produits cosmétiques au bas de la ville, mais au moment du carnaval je me suis convertie en marchande de boissons alcooliques et rafraîchissantes. La vente de boissons alcooliques ne baisse pas généralement lorsqu’il y a des évènements culturels de la trempe du carnaval », se réjouit Mona, une jeune femme dans la trentaine.

Les charpentiers et les peintres qui s’étaient engagés dans la construction des stands sont, quant à eux, remplis d’enthousiasme. Certains ont eu la responsabilité de construire environ une dizaine de stands. Ainsi, ils ont eu la chance d’empocher 30 à 40 000 gourdes par stand. Cependant, pour pouvoir livrer à temps la marchandise, ces derniers se trouvaient dans l’obligation de faire appel à d’autres professionnels. Ils montent des équipes de dix à quinze personnes. Pourtant, c’est différent pour les journaliers. Cette année, certains journaliers ont attendu avec impatience leur récompense. « Depuis le mardi 23 juillet, nous travaillons sans relâche, jusqu’à présent, personne ne nous dit rien », se lamentent des jeunes qui se font embaucher dans la construction des stands de manière illégale. Certains disent ignorer encore combien d’argent ils vont recevoir. « Ces temps-ci, c’est le clientélisme qui prime. Ceux qui détiennent les contrats pour la construction des stands ne possèdent pas vraiment de firme de construction et ne sont pas charpentiers. Ils font appel à des professionnels qui ont l’habitude de faire ce genre de travail », ont déploré ces jeunes. Selon Virgile Mesilien, charpentier, qui depuis 1994 avait l’habitude de décrocher des contrats pour la construction de stands lors des festivités carnavalesque, les journaliers travaillent dans plusieurs stands et gagnent environ trois à quatre mille gourdes.

Pour les peintres, la situation n’est pas différente. « Pour peindre un stand, un peintre peut obtenir entre 15 et 20 000 gourdes. Mais, seul, il n’arrivera pas à remettre l’ouvrage à temps. Donc, il est obligé de prendre avec lui une dizaine de personnes et il les paie comme bon lui semble. Par exemple, j’ai offert dernièrement 1 500 gourdes à chaque peintre alors qu’ils étaient une dizaine, car je devais livrer un travail à temps. Ordinairement, c’est 500 gourdes qu’ils reçoivent de moi par jour », révèle un peintre.

Outre les stands, certains jeunes ont été engagés comme agents de sécurité. Pour un salaire de misère, ils ont travaillé sur le stand public de 10 000 places assises construit en face du palais national. « Je vais obtenir 3 000 gourdes pour avoir été l’un des agents à assurer la sécurité des personnes sur cette place, a fait savoir un jeune garçon, qui manifeste de l’entrain dans son travail. C’est peu, mais je ne l’avais pas. »

Le carnaval des Fleurs a été par ailleurs une vitrine pour certaines entreprises, dont la Digicel et la Natcom. Il était impossible de trouver des responsables de ces compagnies qui puissent dire à quel niveau leurs entreprises ont contribué à la réussite de cet évènement culturel.

Gérard Junior Jeanty








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