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Cabaret a aussi son village

vendredi 24 janvier 2014 par Administrator

Certains déplacés, qui n’ont pas pu trouver un petit lopin de la « terre promise » de Canaan, se sont réfugiés dans d’autres endroits, notamment à Titanyen, Lafiteau, Source Matelas et dans des localités de Cabaret. Des petits villages de camps anarchiques sont toujours remarqués tout au long de la route nationale no 1. Mais, à Haut-Damien, 156 familles sont mieux logées dans un village aménagé par l’USAID et géré par l’Entreprise publique de promotion de logements sociaux (EPPLS).

Canaan prolonge ses racines jusqu’à Cabaret. Les victimes du tremblement de terre dans des localités de cette commune au nord de Port-au-Prince ont, eux aussi, dressé leurs tentes. Si plusieurs familles, notamment celles qui vivaient sur le site « Lanmè frape » ont subi, en septembre 2013, des évictions forcées, d’autres continuent d’exercer leurs activités quotidiennes et pensent à leur avenir. Aujourd’hui, bon nombre de tentes ont été remplacées par des structures préfabriquées, des bicoques ou des constructions durables. A Titanyen et à Lafiteau, pour ne citer que ces localités, des déplacés sont aussi devenus « propriétaires » en achetant illégalement leur lopin de terre chez des particuliers. Comme à Canaan. Malgré eux.

A Haut-Damien, localité de Cabaret, un village attire le regard des passants. Avec ses multiples lampadaires, des couloirs bien aménagés et gardés propres, ce village se distingue à première vue de certains autres construits dans la région métropolitaine. Ses habitants sont des personnes qui ont été victimes du tremblement de terre et qui vivaient dans des conditions précaires. Cependant, pour accéder à une unité de logement, le bénéficiaire doit prouver qu’il exerce une activité génératrice de revenus pour pouvoir payer son loyer à 1 500 gourdes le mois, sans compter les frais d’électricité, d’eau potable et le service de voirie qui collecte les ordures chaque samedi dans le village.

Raymonde Cadet, vit au village depuis environ trois mois. Elle n’est pas de Cabaret. Cette femme vivait dans un camp à Tabarre 52. Pour avoir été en contact, dit-elle, avec la Croix-Rouge haïtienne, elle a été recensée avec d’autres victimes pour habiter le village. C’est mieux ici que la chaleur suffocante que provoquaient les plastiques de sa tente. Aujourd’hui, cette femme d’une quarantaine d’années forme une nouvelle famille avec tous les résidents du site. Pour preuve, Mazita Etienne qu’elle a rencontrée dans le village est devenue son amie. « Nous avons reçu beaucoup de formations de la Croix-Rouge sur la gestion des conflits, disent-elles. Nous savons comment gérer nos différends, nous sommes une famille ici. »

Si les occupants du village se sentent fiers de vivre dans la dignité, ils ne sont pas pour autant totalement satisfaits. « On nous avait dit qu’il s’agissait de deux chambres à coucher, c’est faux, tempête Jean-Marie, qui travaille dans la mairie de Cabaret. Le travail n’est pas achevé. Nous n’avons pas non plus d’intimité, car la cuisine se trouve à l’extérieur. C’est dangereux avec les risques de maladies, notamment le choléra. »

Comme dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince, les 156 familles de ce village font parfois face à l’épineux problème d’électricité. Les lampadaires luisent à l’extérieur tandis que les unités de logement sombrent dans le noir. « A Cabaret, nous passons parfois un mois sans électricité », se désolent les habitants.

« C’est un beau projet, mais les moyens économiques nous manquent parfois pour payer les services, lâche Mazita Etienne. Si des emplois sont créés, nous n’avons aucun problème. »
Valéry Daudier
vdaudier@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste |







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