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COLLIER économique d’Haïti - Par : Jean Erich René

dimanche 15 mars 2009 par Erich Jean René

COLLIER économique d’Haïti - Jean Erich René

Canada, 14 mars 2009

L’ironie du sort a voulu que Bill Clinton et Ban Ki-moon s’affichent en
première ligne pour diagnostiquer la fragilité de l’Etat haïtien et
recommander les remèdes appropriés. Voudraient-ils payer les pots cassés ?
Si nous analysons les maux qui nous affectent, l’embargo économique imposé
par l’ex Président Bill Clinton a un poids considérable. Il est un fait
certain que Haïti n’est pas comparable aux pays africains en difficulté.
Nous n’avons pas connu de conflits ethniques. Nous ne sommes pas en guerre
avec nos voisins. Cependant l’insécurité subséquente à la démobilisation
des soldats de l’Armée d’Haïti et le renvoi de nos chefs de section a
produit en Haïti les mêmes effets que la bombe atomique lâchée par les
Américains en 1945 sur Nagasaki et Hiroshima.

Nous n’avons jamais connu la famine sinon que des poches de misère
ponctuelles. Le passage des cyclones a toujours été le code explicatif. Nos
dirigeants avaient toujours mis les moyens en œuvre pour franchir ce cap
difficile mais passager. A court terme, par des programmes de distribution
de produits de première nécessité et à moyen terme des campagnes de
production de céréales en général ont été toujours lancées pour rectifier
l’alignement. Aujourd’hui on constate un vide inquiétant d’initiatives
gouvernementales. Le Peuple haïtien est en train de périr sous le couperet
du « Nager pour sortir ». La plus grande responsabilité échet à l’ONU qui,
en février 2006, avec la complicité de ses soldats a accroché dans notre
gorge cet os de poisson qui nous asphyxie.

L’administration politique de Bill Clinton avait confisqué les recettes en
dollars américains au profit de Jean Bertrand Aristide en exil aux USA.
Charlemagne Péralte fut assassiné une seconde fois par les soldats
américains. Les lignes de téléphone de nos résidences deviennent
dysfonctionnelles parce que les sous-stations ont été vandalisées.
Parallèlement surgissent comme par magie des compagnies privées, causant
une épidémie de téléphone cellulaire au sein de la population haïtienne.
Tout le monde s’y accroche, rien que pour le fun. Cette ponction constante
d’une charge additionnelle grève le maigre budget familial. Il s’en suit
une baisse considérable des recettes de la TELECO et une hémorragie intense
pour l’économie haïtienne par suite du transfert des fonds de ces
compagnies étrangères dans leurs pays d’origine.

Il n’est pas superflu de rappeler que certains équipements appartiennent à
la TELECO. En prévision du développement de la communication, le
Gouvernement de Jean Claude Duvalier avait commandé 3 turbines. Une seule
turbine suffisait pour le réseau de téléphone fixe d’Haïti. Les deux autres
ont été livrées en récompense au facilitateur du retour de l’oiseau en
cage. Ainsi s’expliquent les dépôts faramineux relevés aux Iles Turques
par le biais de l’IDT selon les conditions de partage du butin. Certaines
familles américaines et haïtiennes ont accumulé des millions au cours de
cette période de temps. Dans l’espace d’une journée un Duc déchaîné
américain a vendu ses actions acquises le matin à la TELECO et empoché des
millions. Ils ont plumé la poule.

Si Haïti se retrouve aujourd’hui dans une situation lamentable la faute est
imputable principalement à nos dirigeants qui, par la hantise du pouvoir,
ont accepté toutes sortes de compromis. Aujourd’hui nos mines d’or et
notre main d’oeuvre sont l’objet de leurs prédations. Cette semaine sur le
Marché Boursier l’indice d’or a battu les records. Nous estimons le
caractère humanitaire de la récente visite en Haïti de Bill Clinton,
ex-président américain et auteur indiscutable de l’embargo économique
suicidaire d’Haïti. Nous saluons avec respect l’honorable présence de Ban
Ki-moon, le Président de l’ONU qui nous a imposé l’actuel Président
d’Haïti, grâce à la MINUSTAH. Qu’ils reconnaissent leurs participations
effectives à la fragilisation de l’économie haïtienne.

Même avec un grain de sel que nous n’avalons pas le rapport économique
secret commandité par l’ONU et préparé par le brillant économiste Paul
Collier. Nous apprécions son contenu qui, dès sa phase préliminaire a
chassé de notre esprit cette fatalité coutumière qu’on accroche comme un
carcan à notre cou, à l’instar de certains « États fragiles » africains.
Cependant sa stratégie dite réaliste pour le décollage économique d’Haïti
touche de préférence les coordonnées de l’économie américaine. Notons :
1. HOPE II accordant à Haïti un accès préférentiel au marché américain
2. L’expansion des zones franches comme sources massives d’emplois
L’industrie de l’habillement, selon les lunettes de Paul Collier, constitue
l’un des pôles les plus importants de l’augmentation de la production et
de l’emploi en Haïti. Avouons que par leur statut juridique, elles
représentent de véritables enclaves économiques qui, sans les mesures
d’accompagnement et une vigilance étatique, ne déboucheront pas sur le
développement d’Haïti. A ce point de vue nous divergeons radicalement avec
l’économiste Jacques Bernard qui minimise l’intervention de l’Etat
conformément aux croyances de la Doctrine néo-libérale dont l’échec est
évident. L’Affaire Madof illustre le danger auquel nous sommes exposés avec
le secteur privé qui n’a qu’un seul objectif : le profit sans considération
aucune. Actuellement, le Président Barack Hussein Obama intervient dans
tous les domaines pour dicter le ton comme un vrai Chef d’orchestre.

Faute d’une main d’œuvre qualifiée, les cadres des industries haïtiennes
seront constitués toujours de ressources humaines internationales. Le
rapport coût/bénéfice sera défavorable. Ces centres de production établis à
travers Haïti vont désorganiser davantage l’espace rural en attirant un
grand nombre de travailleurs agricoles. En revanche, nous serons condamnés
à importer nos produits alimentaires. Parallèlement nos salaires vont
retourner aux USA par le biais de nos importations. A l’instar des pays
asiatiques, nous aurions pu en profiter, si et seulement si le
Gouvernement d’Haïti met en place une structure formative visant à assurer
la modernisation de notre agriculture et une remontée de la filière de
l’industrie de l’habillement en passant de l’aval vers l’amont. Faute de
quoi, ce rapport loin de nous offrir un Pôle de développement demeure un
Collier économique lourd de conséquences pour Haïti.








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