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CIRH : survivre au-delà de l’urgence ? - par : lematinhaiti.com

jeudi 27 octobre 2011 par Administrator

Les dix huit mois d’urgence sont écoulés. La loi du 16 avril 2010 existe encore, mais cet acte législatif appelé « loi d’urgence » n’a fait que reconnaitre et définir des « périodes d’urgence ». De 15 jours, prévus par la loi précédente datée de 2008, elle a fait passer à dix huit mois le délai maximum d’une période d’urgence en Haïti. C’est justement cette période d’urgence qui est échue en ce mois d’octobre 2011, emportant avec elle le mandat également de dix huit mois accordé à la CIRH, dès sa création par cette même fameuse loi dite « d’urgence ».

Le président Michel Joseph Martelly a paradoxalement renouvelé sa confiance et son appui à cette commission dirigée par le tout-puissant Bill Clinton, ex-président de la République étoilée. Même après avoir attaqué dans ses élans habituels, la pertinence et la performance de cette commission dite de reconstruction, le chef de l’Etat a capitulé, et a demandé publiquement le renouvellement du mandat de la CRIH. Et ce n’est pas le nouveau Premier ministre Gary Conille qui dira le contraire. Absolument pas.

Conille : pro-CIRH

L’ancien cadre onusien, devenu chef de gouvernement en Haïti, a d’ailleurs défendu au Parlement même, l’importance de cette « plateforme ». On ne peut pas se passer de la CRIH, a-t-il clairement dit aux sénateurs, le soir même de la présentation de sa politique générale. M. Conille vante au contraire l’existence d’une telle commission en Haïti – premier pays à en faire l’expérience. « C’est un privilège et un fait inédit que grâce à Haïti, le Venezuela et les Etats-Unis discutent de leurs projets respectifs », a argumenté le Premier ministre présentant la CIRH comme une grande plateforme de vigilance et de surveillance des bailleurs.

« Comment peut-on demander aux bailleurs de ne plus avoir un droit de regard sur l’argent qu’ils donnent », s’est demandé M. Conille visiblement résigné à ne pas avoir, pour ce point, le vote d’un sénateur comme Steven Benoit, opposant farouche de la CIRH. Les pro-CIRH sont majoritaires au Sénat, Conille le sait très bien. Et ce premier ministre qui doit co-présider à ce titre la CIRH a annoncé que son gouvernement transmettra sous peu au Parlement, le document qui sollicitera officiellement le renouvellement du mandat de la commission intérimaire de reconstruction.

CIRH : Une nouvelle pomme de discorde ?

Tandis que l’on parle de la reconduction de cette commission pour laquelle le président Martelly a récemment nommé cinq nouveaux représentants, des parlementaires croient pouvoir mener une lutte acharnée contre la CIRH. Entre atteinte à la souveraineté et structure inefficace, les anti-CIRH au palais législatif ne sont pas à cours d’arguments. Rien ne semble pouvoir convaincre William Jeanty ou Steven Benoit de lever la main en faveur de cette commission intérimaire. Pourtant même dans le camp des opposants, il existe des nuances qu’il convient de relever.

Le sénateur Andris Riché, élu sous la bannière de l’Alternative tout comme Steven Benoit, juge plutôt que la CRIH devrait être renouvelée avec une autre couleur. Cette retouche parait fondamentale aux yeux du parlementaire de la Grand-anse qui veut voir une commission plus dynamique et plus impliquée dans la reconstruction réelle du pays. « Ça doit se faire sur une nouvelle base, avec de nouvelles formes », laisse entendre le pasteur devenu sénateur.

Faisant un vaste plaidoyer en faveur de la CIRH, l’ancien Premier ministre et co-président de ladite commission, Jean Max Bellerive, a publié dans les colonnes de notre journal son article titré « Au regard du futur de la CIRH », comme pour répondre à un dossier où nous avons largement parlé de cette commission. « J’affirme sans réserve que si ses missions sont bien comprises et ses attributions bien remplies, la CIRH est un instrument incomparable pour faciliter une meilleure prise en charge par les Haïtiens de leur propre développement », lisait-on dans l’article de M. Bellerive. Il croit plutôt que cette commission est mal comprise ou tout simplement détractée par ces nombreuses organisations et agences qui font leur beurre dans des projets tant divers que fictifs, au nom de l’Haïti sinistrée.

Du reste, au-delà de toute discussion ou justification, il demeure certain qu’aujourd’hui la CIRH est sans mandat. Le gouvernement doit jouer sa partition, et le Parlement aura comme toujours, le dernier mot. Mais cette commission sera-t-elle une nouvelle pomme de discorde entre ces deux pouvoirs, déjà au bord de la rixe avec les affaires Arnel Belizaire, nouvelle armée, amendement… Des dossiers tous urgents ! Bref, ici, sous des formes diverses, l’urgence ne finit jamais.

Eddy Laguerre

edgu85@yahoo.fr








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