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Nou Pou Nou/Développement communautaire

CAFDESA : des femmes qui prennent leur destin en main

samedi 26 avril 2014 par Administrator

Avec un regroupement de 10 700 femmes, la Coordination des associations de femmes pour le développement de Saint-Louis du Nord et d’Anse-à-Foleur (CAFDESA) lutte depuis 1995 pour tenter d’améliorer les conditions de vie des femmes de la région. Œuvrant dans la transformation de fruits, l’élevage, la broderie, la CAFDESA travaille en collaboration avec des planteurs pour tenter de revaloriser la culture du café et du cacao. Le challenge est certes compliqué, mais elles y croient.

Des bouteilles de « crémasse » de différentes variétés, de la confiture de tomate, de pamplemousse et d’ananas, du chocolat et du café en poudre bien emballés ornent l’étagère de l’atelier de la CAFDESA, dans la localité de Desgranges à Saint-Louis du Nord. Dans une autre salle, des femmes en tablier grillent du cacao pour la fabrication du chocolat. Une chanson de motivation louant le courage des femmes haïtiennes fait vibrer le bâtiment.

Depuis trois ans, la Coordination des associations de femmes pour le développement de Saint-Louis du Nord et d’Anse-à-Foleur se lance dans la transformation, facilitant ainsi les femmes à vendre certains produits, notamment des fruits, qui gaspillaient pendant leurs saisons. Avec l’aide d’un agronome spécialisé dans la matière, la CAFDESA sait transformer et conserver ses fruits pendant près de deux ans. Un certain savoir-faire partagé entre les membres de l’association dont le grand souci reste un véritable marché pour écouler les produits.

Contrairement au début, les choses s’améliorent. « Nous pouvons parler de progrès, estime Kedna Caprice, coordonnatrice générale de la CAFDESA. Au début, nous ne pouvions pas écouler 20 livres de cacao en un mois. Aujourd’hui, nous écoulons 100 livres en moins d’une semaine. Notre ambition est de produire 1 500 livres de cacao par mois afin d’améliorer les conditions de vie de nos femmes. »

Même si la région produit le cacao en abondance, n’empêche que la CAFDESA soit inquiète face à la coupe abusive des arbres qui risque de diminuer la production à l’avenir. « Sans des arbres, la production de café et de cacao n’est pas possible », indique Kedna Caprice, institutrice de formation. En conséquence, l’association, dit-elle, travaille en collaboration avec des planteurs pour relancer la production du café et du cacao.

« Notre objectif est de reboiser les mornes, déclare la coordonnatrice de la CAFDESA. Des paysans, dépourvus de tout, ne font qu’abattre les arbres pour fabriquer du charbon de bois. Nous rencontrons les charbonniers pour leur expliquer comment faire, par exemple, débrancher l’arbre, pas totalement, au lieu de l’abattre. »

Arnold Gustave est membre d’une association de 500 planteurs (220 femmes et 180 hommes) affiliée à la Coordination des associations de femmes pour le développement de Saint-Louis du Nord et d’Anse-à-Foleur. Pour ce père de trois enfants dont l’un d’eux est devenu médecin, la coupe des arbres n’est pas due au hasard. « Depuis la disparition des « cochons créoles », l’unique industrie des paysans reste le charbon de bois, car l’Etat n’atterrit pas dans le milieu rural, déclare-t-il. La production de café n’existe plus. Les agronomes n’arrivent pas dans les endroits reculés, nous nous organisons à notre façon. »

En partenariat avec les femmes de la CAFDESA, ils essayent de produire des plantules de cacao afin d’augmenter la production à l’avenir. « Le cacao a été toujours cultivé à l’état sauvage, explique Arnold Gustave. Vu son importance aujourd’hui, nous essayons de structurer l’activité. Nous venons de préparer une pépinière de 2 700 plantules que nous avons distribuées aux planteurs. »

Son épouse, Marie-Vital Gustave, coordonnatrice adjointe de la CAFDESA, ne jure que par l’amélioration des conditions de vie des femmes à tous les niveaux. Son souhait est de voir toutes les neuf sections communales dotées d’un atelier de transformation pour créer des activités génératrices de revenus pour tous les 10 700 membres de l’organisation. « Le plus important, c’est d’avoir commencé, estiment les dirigeantes de la CAFDESA. Les conditions hygiéniques sont respectées dans la préparation de nos produits. Nous commençons à recevoir des commandes de quelques supermarchés, nous allons continuer d’améliorer notre travail. »

A écouter les chansons qu’elles interprètent pendant qu’elles travaillent, on mesure l’ambition de ces femmes qui luttent pour leur autonomie. « Donner le monde aux femmes [de Jean-Jean Roosvelt] est une chanson que nous interprétons chaque jour, confie Kedna Caprice. Sans la femme, la vie n’existe pas. Dans la région, ce sont des femmes qui tentent d’apporter le changement. »

Valéry Daudier
vdaudier@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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