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Braun et Baussan à Taiwan

vendredi 25 avril 2014 par Administrator

Acteurs importants du secteur privé, Carl Braun et Édouard Baussan analysent pour Le Nouvelliste leur présence à Taiwan aux côtés du président Michel Martelly

Le Nouvelliste : Carl Braun, que faites-vous à Taiwan ?

Carl Braun : Le président nous a demandé de faire partie de sa délégation. Il y a avec nous le président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti et d’autres hommes d’affaires. Le président Martelly a choisi d’inviter le président d’une banque en l’occurrence moi-même.

Il a aussi invité Edouard Baussan qui est le plus grand opérateur de services portuaires d’Haïti. Est aussi avec nous le Dr. Réginald Boulos qui est dans différentes activités (Hôtellerie, vente au détails, importation d’automobiles). Il se trouve aussi que, tous les trois nous sommes membres du conseil du forum économique. Donc, je pense que le président a essayé de faire représenter les institutions du secteur privé dans la délégation haïtienne. Ce n’est pas une affaire d’amis. Il n’a pas invité ceux qu’il considère comme ses amis ou ses petits amis selon la perception, il a invité des opérateurs économiques importants et institutionnels.

Le Nouvelliste : Quel est le sens de votre présence ? Le président Martelly voyage beaucoup, c’est la première fois que vous partez avec lui ?

Carl Braun : Il m’a invité, je juge qu’un président démocratiquement élu qui se déplace et demande à des personnalités du secteur privé de l’accompagner dans le cadre d’un agenda bien connu, où tout est clair, où tout est transparent, je serais le dernier à lui dire non.

Il se trouve que j’ai, par le passé ainsi qu’Edouard Baussan, été invité par le président Préval quand il allait rencontrer le président Bush. J’avais accepté. Donc, j’ai jugé que l’invitation du président Martelly ne saurait être refusée par moi-même, ni à titre institutionnel ni à titre personnel.

Le Nouvelliste : C’est votre première visite à Taiwan ?

Carl Braun : Non. c’est ma deuxième visite. Taiwan m’avait invité en 2008. J’étais venu accompagner à l’époque du gouverneur de la Banque centrale, Maître Charles Castel. Le Dr Boulos avait été invité également à cette époque et René Max Auguste de Valerio Canez. C’était plus une mission économique. Ce n’était pas une délégation officielle comme celle-ci.

Le Nouvelliste : Haïti et Taiwan c’est une coopération très ancienne, et cette coopération se fait surtout entre les deux Etats. Vous pensez que cette mission va lui permettre de descendre au niveau du secteur privé des deux pays ?

Carl Braun : Je pense qu’il y a des signes de dégel. Je pense que la présence des Coréens en Haïti stimule au moins la réflexion des Taïwanais. Parce qu’ils se disent si les Coréens voient qu’il y a quelque chose en Haïti eux-mêmes aussi doivent regarder ce pays avec un regard neuf.

Mais je pense qu’en plus, les Taïwanais commencent à voir en Haïti plus qu’un vote, c’est-à-dire un compagnon de route contre la grande Chine. Ils se disent qu’il y a peut être des opportunités à explorer en Haïti. En ce sens, même si on ne va pas voir des contrats signés demain, je pense que d’un point de vue d’image de marque, Haïti a une bien meilleure image de marque aujourd’hui à Taiwan qu’elle ne l’avait il y a dix ans de cela, parce qu’il y a dix ans, la relation était purement politique. Je pense que c’est différent aujourd’hui.

Le Nouvelliste : Edouard Baussan, vous venez de participer à un séminaire organisé pour les hommes d’affaires Taïwanais, quel est votre sentiment après avoir participé à cette rencontre ?

Edouard Baussan : J’ai un sentiment très positif. Je crois que la présentation des intervenants haïtiens, particulièrement celles de Didier Fils-aimé et de Norma Powell ont été très détaillées, très informatives, et ont été dans le sens de présenter les opportunités en Haïti.

Je crois que les participants du cotés taïwanais ont été surpris d’apprendre le genre d’opportunités qui existe en Haïti. Ils ont été heureux d’apprendre qu’il y avait des compagnies taïwanaises qui faisaient affaires en Haïti. Des entreprises comme OECC ou Fairway qui arrivent à se tirer d’affaire et même à avoir des opérations rentables en Haïti.

Je crois que dans ce sens, le séminaire a atteint son but. Cela ne veut pas dire qu’on va avoir des investissements taïwanais demain matin, mais cela veut dire que il y a une nouvelle compréhension d’Haïti par les investisseurs taïwanais. Haïti a des opportunités principalement par rapport aux possibilités d’exportation vers le marché américain.

Mes compagnons de table n’étaient pas au courant des avantages qu’offraient Help et ont tout de suite pris note des avantages importants qui sont alloués uniquement à la République d’Haïti en ce qui s’agit de l’accès au marché américain. Dans ce sens, je pense que le séminaire a été extrêmement positif surtout pour les participants taïwanais qui étaient là aujourd’hui.

Le Nouvelliste : Le président Martelly a fait de nombreux voyages, rarement au cours de ces voyages l’aspect économique a été aussi prononcé. Vous pensez que c’est une bonne chose, que c’est une expérience à continuer, c’est-à-dire d’emmener des gens du secteur privé, d’emmener le CFI, de faire des présentations plus économiques sur Haïti qu’autre chose ?

Edouard Baussan : Je pense que ce qui s’est passé a Taiwan est la façon moderne de faire les choses. La plupart des présidents, des délégations présidentielles des autres pays de la Caraïbe qui visitent des pays où il y a une communauté de potentiels investisseurs, voyagent avec des membres de leur secteur privé.

Pas seulement parce que les acteurs du privé vont faire un matching entre leurs entreprises et les entreprises de ces pays, mais surtout pour que les membres du secteur privé expliquent à leurs homologues dans ces pays comment eux-mêmes ils conçoivent le climat des affaires. Comment eux-mêmes ils conçoivent les opportunités, ce que les investisseurs de ces pays, par exemple Taiwan aujourd’hui pourraient tirer éventuellement d’entreprises qu’ils pourraient créer en Haïti. Particulièrement avec la proximité avec le marché américain et les avantages que le gouvernement américain a octroyé à Haïti depuis le tremblement de terre.

Le Nouvelliste : Vous êtes dans les affaires, vous êtes dans les produits pétroliers, dans la minoterie, vous êtes dans les opérations portuaires, comme homme d’affaires, qu’est ce que vous recherchez à Taiwan ?

Edouard Baussan : Je pense que comme l’a dit Carl Braun, on a été invité par le président qui a senti le besoin de se faire accompagner par des hommes d’affaires, qui ne sont pas nécessairement des amis proches, mais qui sont des gens qu’il connait, en qui il a confiance, qui souvent partagent avec lui une réflexion autour des choses économiques de façon franche, ouverte, positive et constructive.

Quand le président nous a fait l’invitation autour d’un agenda bien précis, nous avons répondu positivement parce que nous pensions que c’était une opportunité d’aller avec le pouvoir politique, vendre Haïti comme une destination possible pour l’inversement taïwanais.

Le président le dit souvent et il a raison, le secteur public ne peut développer seul Haïti. Il faut des investissements, des créations d’entreprises et des créations d’emplois. C’est à ce titre que j’estime que ce genre d’initiatives sont à encourager, surtout lorsqu’elles se font au niveau institutionnel.

Et qu’en tant qu’homme d’affaires impliqué dans les domaines cités dans la question, j’ai eu l’opportunité de pouvoir dialoguer avec des homologues taïwanais pour les convaincre qu’il y a des possibilités en Haïti et que d’autres avant eux, Taïwanais comme eux, ont pu s’implanter et créer des entreprises rentables et qu’il y a toujours des possibilités dans plusieurs domaines. Pas seulement dans le textile, mais dans plusieurs domaines. Ils peuvent venir et créer des entreprises rentables dans un environnement légal, qui facilite l’investisseur et lui permet de s’implanter et de s’implanter de façon rentable.

Le Nouvelliste : Carl Braun, hier vous avez rencontré des étudiants haïtiens boursiers de Taiwan. Quel est votre sentiment sur cette élite comme, l’a appelée le président Martelly ?

Carl Braun : Je pense que la jeunesse d’un pays est toujours son futur. Je trouve en regardant l’évolution de la jeunesse durant les 40 dernières années, parce que même-si je partage le point de vue de Clémenceau, à savoir que quand ont est jeune c’est pour la vie, moi, même si j’ai 59 ans, je considère que je suis jeune. Donc, j’ai pu apprécier cette jeunesse qui est ici à Taiwan.

Elle n’est pas nombreuse. Je pense que le message que le président Martelly a voulu lancer était qu’il fallait qu’ils retournent en Haïti, là où peut être que j’aurais une approche différente de celle du président, je ne pense pas que l’Etat haïtien va pouvoir absorber tout ce monde. Je pense qu’il faudrait aussi les orienter vers l’entrepreunariat et le secteur privé.

C’est en ce sens que je pense qu’il faut aller et lui aussi il leur dit, revenez en Haïti pour créer des business, faire d’autres choses. Par exemple l’un d’entre qui m’a reconnu, est venu me trouver, il m’a dit « M. Braun, je me présente, je vous connais, je fais un MBA ici à Taiwan, j’aurais aimé retourner travailler pour la Unibank. Je lui dis écoute, une fois que c’est possible d’un point de vue légal, si tu n’as pas signé de contrat pour revenir travailler avec l’Etat, je serais très heureux de recevoir ton CV. Je pense que toutes les entreprises haïtiennes aujourd’hui recherchent des ressources humaines qualifiées.

Le déficit en ressources humaines qualifiés est l’un des plus gros problèmes que les entreprises haïtiennes confrontent aujourd’hui. Cela me fend le cœur quand on est obligé d’importer des Dominicains, des Philippins, d’autres cadres du monde entier par ce qu’on n’a pas suffisamment de ressources humaines qualifiées.

Cela m’a fait plaisir de les voir, ces étudiants haïtiens. Evidement ce n’est pas la même jeunesse d’il y a 40 ans, parce que les générations changent. Mais au moins j’ai vu la volonté pour eux d’être utiles quelque part en voulant travailler et je pense qu’en ce sens, cela a été très positif.

La rencontre avec les étudiants s’est déroulé à l’ambassade d’Haïti à Taiwan, je tiens à dire que d’un point de vue institutionnel, la mission a été bien organisée et bien balancée.

Je pense que l’ambassade d’Haïti, ici à Taipei, a fait un très bon travail d’organisation pour focaliser la mission vers les questions économiques. Même si ce matin on a assisté à une très belle cérémonie en l’honneur de la mission et du président Martelly. Mais le focus a été mis sur les séminaires et les rencontres économiques, et en ce sens madame Coupaud et la mission ont fait un très bon travail d’organisation.

Propos recueillis par Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter : @Frantzduval

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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