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Baker remet le couvert - Roberson Alphonse, Le Nouvelliste

mardi 17 août 2010 par William Toussaint

Jamais un sans deux. Charles Henri Baker, troisième lors de la présidentielle du 7 février 2006,remet le couvert. Il est candidat. « A 3 heures p.m. le 7 février 2011, je signerai trois arrêtés présidentiels. L’un rétablissant les FAD’H et les deux autres la BNDAI et l’EPPLS », affirme l’industriel de 55 ans sûr d’être élu cette fois-ci. Portrait.

Haïti : Jeans, bottes de randonnée, chemise de coton, montre avec boussole... Le tout colle avec l’image de bosseur de Charles Henri Baker, 55 ans, physique d’officier d’infanterie. Cinq ans après sa troisième place derrière René Préval et Leslie François St-Roc Manigat à l’élection présidentielle du 7 février 2006, l’industriel remet le couvert. Il est candidat. Cette fois, « si les joutes ne sont pas émaillées de fraudes et d’irrégularités », il se voit déjà avec l’écharpe suprême convoitée par 33 autres compétiteurs. « A 3 heures p.m. le 7 février 2011, je signerai trois arrêtés présidentiels. L’un rétablissant les FAD’H et les deux autres la BNDAI et l’EPPLS * », lance-t-il à quelques dizaines de militants venus de tous les départements s’enquérir de nouvelles consignes au QG du parti RESPE sis au # 9 de la rue Casséus, à Pacot, le lundi 16 août 2010.

Conscient qu’un monde sépare ses voeux de la réalité, Baker, 4 enfants, marié depuis 35 ans,ne fait pas l’économie d’une machine politique huilée apte à répandre « l’évangile Respe » : Ordre, discipline, travail. Avec un faux air de l’acteur américain Tom Berrenger (Platoon d’Oliver Stone), Charles Henri Baker demande à ses militants de ratisser large, de faire d’autres adeptes. L’objectif, selon l’ex-étudiant en business de l’université St-Leo en Floride, est d’atteindre 500.000 membres inscrits à son parti, mieux en terme d’ambition comparativement à 2006, lorsque, candidat indépendant à la présidence, il avait collecté quelque 102.000 signatures. Et plus tard 2.5 millions de dollars américains de contributions de 400 commerçants pour battre campagne.

« On m’a soutenu, contrairement à ce que l’on croit », ajoute-t-il en réponse à ceux qui prétendent qu’il avait été lâché par Andy Apaid du Groupe des 184 et le secteur privé au profit d’autres candidats il y a cinq ans. « Andy est mon beau-frère. Non, il est mon frère. On a fait des chemins différents parce qu’il faut une société civile forte et des partis politiques structurés », explique le fils de l’ex-champion de tennis, l’ingénieur agronome Edouard Baker et de Louise Charlotte Baranco, celle qui a fondé le premier supermarché en Haïti baptisé « Au Lincoln ».

Investi à fond dans le renforcement du parti RESPE qui a obtenu sa reconnaissance légale le 7 janvier 2009, Charles Henri Baker, comme son mentor politique Marc Bazin, mise sur un "Etat service" et une transformation en profondeur de l’économie. Une économie agricole florissante, l’accès aux crédits pour les agriculteurs, un climat sécuritaire stable garanti par un "Etat service" et fort, sont au détour de chaque phrase de l’homme d’affaires ayant laissé les « so », « but » et autres anglicismes » de son vocabulaire qui contrastaient tant avec l’image d’un paysan agriculteur haïtien qu’il projetait.

Né avec une cuillère d’argent dans la bouche, Charles Henri Baker, dans les chaussures du porte-parole de ceux qui galèrent, critique l’absence de financement des PME. « En République dominicaine, les entrepreneurs obtiennent des crédits sur 25 ans qu’ils paient à 5 %, alors qu’en Haïti le taux d’intérêt se situe entre 11 et 13 % sur 5 à 7 ans », fulmine le candidat.

« Après le tremblement de terre les choses doivent changer. Nous devons travailler afin de changer les conditions de vie de la population », clame le candidat, le doigt au plafond, assis derrière son bureau au QG de RESPE, sans confort avec, sur un classeur, les photos de ses parents, des sabres de militaire, le drapeau national et ses vieilles photos dans ses plantations de tabac.

Changement de ton par rapport au CEP de Gaillot Dorsainvil ? « Non ! Nous avons écouté nos militants à travers le pays. Le message était clair. On ne fait pas de cadeau à René Préval, on n’abandonne pas la course, répond M. Baker qui, pourtant, le 8 juin 2010, avait annoncé les couleurs : « Ce CEP n’est pas crédible. Si le président René Préval persiste à vouloir réaliser les élections avec ce CEP, nous nous verrons obligés de réclamer son départ. Nous avons quatre exigences dont l’annulation de la loi sur l’Etat d’urgence et celle amendant l’article 232 de la loi électorale de juillet 2008, le renvoi du CEP, la tenue d’un dialogue honnête et franc entre les acteurs politiques et la nomination d’un directeur général crédible au CEP. »

Débat sémantique, changement de stratégie, virage à 180 degrés. On épiloguera longuement encore. Mais il a de nouveaux objectifs et n’a peur d’aucun candidat. Wyclef ? « Non, je n’ai peur de personne car j’ai six ans de travail, six ans d’avance sur mes compétiteurs », déclare M. Baker qui a eu une enfance paisible à Bourdon et gardé de bons souvenirs de ses camarades de classes à l’Institut Georges Marc et à Union School avant de voyager pour terminer ses études classiques aux Etats-Unis d’Amérique.

Fan du Racing Club Haïtien et de Tabou Combo, Charles Henri Baker, selon ses confidences, ne trouve plus le temps pour écouter de la musique. Car, explique-t-il, après le 12 janvier la tâche est devenue encore plus lourde pour ceux qui veulent changer les conditions de vie de la population.

Rigide, l’industriel n’est pas rancunier. « Même si j’avais des réserves sur les conditions dans lesquelles la communauté internationale a donné le pouvoir à René Préval avec cette affaire de votes blancs, je l’ai appelé pour le féliciter et l’informer que je passais à l’opposition. Une opposition constructive », révèle Charles Henri Baker qui avait fait un petit tour en prison dans la lutte contre Jean Bertrand Aristide (GNB).

Sur le dossier brûlant du salaire minimum, il indique, sans craindre de s’aliéner une partie de l’électorat, que la loi discrimine une grande catégorie de travailleurs. Il faut créer plus d’emplois et naturellement la question du salaire tombera de son propre poids parce que les gens auront plus de pouvoir d’achat et l’économie croîtra, explique M. Baker qui invite les électeurs à monter à bord de « l’autobus RESPE ».

FAD’H - Forces armées d’Haïti

BNDAI- Banque nationale de developpement agricole et industriel

EPPLS-Entreprise publique pour la promotion des logements sociaux

Roberson Alphonse

ralphonse@lenouvelliste.com








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