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Au service de la jeunesse - Vient de paraître - « Haïti, de son indépendance nationale aux interventions étrangères contemporaines » - Par : Leslie Francois Manigat

mercredi 3 juin 2009 par Robert Benodin

Dire Haïti aux Dominicains et aux Haitiens en même temps, d’un même esprit mais d’une écoute différente du fait du passage d’une frontière à l’autre, dans un contexte bilatéral qui a besoin d’être amical mais qui n’arrive pas encore à l’être (édition bilingue français-espagnol) par le professeur : Leslie F. Manigat

A peine séchée l’encre de son ouvrage sur « la crise haïtienne contemporaine », (deuxième édition refondue) 2009, avec ses 411 copieuses pages toujours en cours de lancement, voici que parait incessamment un nouveau livre du professeur Leslie F. Manigat, juste avant « Livres en folies 2009 », intitulé « Haïti, de son indépendance nationale aux interventions étrangères contemporaines », une vision d’ensemble de son histoire, de ses problèmes et des perspectives de son avenir, à forger en cette fin de la première décennie du 21ème siècle. Ce texte a son histoire, qui vaut d’être contée d’un mot bref, in limine litis.

Il s’agit de la communication faite à la séance de l’Académie d’Histoire de la République Dominicaine, à Santo Domingo, le 21 avril 2009, dont le texte m’a été demandé aussi bien à l’audience publique de l’académie et des lecteurs intéressés du grand public professionnel et du monde des lettres voisins que par nos compatriotes d’ici et de là-bas auxquels est parvenu l’écho de cette séance mémorable au cours de laquelle mon intention première a été de « dire Haïti » à nos voisins dominicains et, du même coup, continuer à dire Haïti aux Haitiens dans une perspective d’écoute dominicaine. Une seule voix pour deux voies à rendre concordantes (édition bilingue français-espagnol)

La publication ainsi annoncée sera en vente dans toutes les librairies principales de la place dès la semaine entrante (premier juin) , et appartient à la collection des « Cahiers du CHUDAC », No spécial, mai-juin 2009, hors série, au prix prévu de soixante-cinq dollars haitiens (65 SH) ou de six cent cinquante gourdes (650 gdes) l’exemplaire, ou l’équivalent de seize dollars américains (16 $ US) ou de dix (10) euros. Une leçon d’histoire haïtienne au service de la jeunesse instruite des deux cotés de la frontière qui ne doit pas diviser comme une ligne de séparation, mais d’une ligne de communication pour l’éducation mutuelle à la solidarité. Il faut savoir rêver, vérité en mains ! Il faut savoir, comme dit Edgar Morin, que nous ne cessons de citer à cet égard, « apprivoiser l’utopie ». La « nouvelle histoire » nous y invite. Elle nous interpelle à le faire à la recherche de stimulants pour l’ingéniosité inventive des créateurs de l’histoire vraie.

L’indépendance haïtienne, comme phénomène « national-indigéniste »

alors unique en Amérique Latine et dans les Caraïbes jusqu’à l’avènement de la révolution de 1917 au Mexique, les trois types d’indépendance possibles à Saint-Domingue-Haiti au moment de la prise de la Bastille à Paris le 14 juillet 1789, le type nord-américain (colons blancs esclavagistes contre la métropole), le type sud-américain (colons blancs, bronzés ou métis ou sang-mêles pour la propriété latifundiste en commun et contre l’abolition de l’esclavage), enfin le type haitien (union des mulâtres anciens affranchis et des noirs anciens esclaves). Ce dernier type d’indépendance nationale a été alors l’exception dans le Nouveau Monde, une hérésie victorieuse mais boudée par les « slaveholding Powers » : voir la différence de concept, et même l’antagonisme des conceptions entre Jefferson et Toussaint Louverture au sujet des droits de l’homme et du citoyen américains de 1776 et français de 1789 par rapport aux « jacobins noirs » de Toussaint Louverture... On a vu ce type hérétique, considéré comme « une anomalie, un défi et une menace » se réaliser avec la naissance de « la société créole » haitienne traditionnelle avec ses classes sociales hiérarchisées, ses caractéristiques originales, et son épanouissement sous les régimes des Pétion-Inginac-Bonnet- Boyer-Madeleine Joutte Lachenais après le tournant de l’assassinat de Dessalines.

Ce modèle social, à la suite du revirement opéré en octobre 1806, est de nature militaro-exportatrice, édifié à la suite de la victoire de « l’armée indigène » (nom officiel des forces armées de la libération nationale haïtienne) et continué par l’indicatif du « général victorieux » de la société des baïonnettes avec son haut commandement choisi dans la hiérarchie des épaulettes. Société créole typée, à dominante métisse, affichant sa volonté de créer « une classe d’Haitiens riches » (Bonnet), fonde sa « fusion » fonctionnelle, à sa base populaire, sur son « bonheur vivrier » et à son sommet élitiste, sur le commandement social de l’import-export. Entre-temps, les conquêtes acquises dans les structures de base de l’Etat-nation, du fait de l’institutionnalisation de la révolution-mère (« c’est la révolution qui a créé la nation chez nous ») ont consolidé leur héritage cristallisé dans les cinq conquêtes de l’indépendance : l’abolition de l’esclavage créatrice d’un Etat-nation noir, décolonisateur, déplaceur de la propriété avec la naissance de la petite paysannerie chez nous, aspirateur a la « self-reliance » dans un nationalisme économique réservant la propriété foncière aux seuls nationaux et refusant la dépendance structurelle vis-à-vis de l’étranger en faveur de la satisfaction préférentielle des besoins productifs essentiels de sécurité « alimentaire, économique et politique » en comptant sur ses propres forces. Mais cette société créole avait forgé, comme un impératif de sa victoire militaire et libératrice, son « devoir internationaliste » d’aider les révolutions en besoin d’assistance dans la région et ailleurs à s’émanciper du joug de la domination étrangère, latino-américaine (Pétion secourant le libertador Simon Bolivar et le général hispano-mexicain Xavier Mina) et européenne (Boyer prêtant une main secourable aux grecs en lutte contre le joug ottoman), et à la Société des Nations (la voix d’Haïti s’élevant contre l’agression de l’Ethiopie par l’Italie fasciste) et afro-asiatique (Haïti championne de la décolonisation générale des peuples de couleur à la fin de la seconde guerre mondiale, notamment la Libye etc.) et mondiale (la cause de l’Egalité de Races Humaines dont Haïti s’est fait l’avocate, la championne et le symbole pendant tout le 19ème siècle et la première moitié du XXème, soit la longue durée « de l’indépendance nationale haïtienne aux interventions étrangères contemporaines ». C’est Haïti, ce personnage encore à mieux connaître, qu’il fallait dire à ce moment rare de l’amitié malaisée mais souhaitable des deux peuples en voisinage contigu trop souvent hostile comme des « ennemis héréditaires ». Je l’ai fait au cours de cette séance du 21 avril de l’Académie d’histoire de la République Dominicaine, à Santo Domingo.

Verticalité d’antan, affaissement du temps présent. Toute l’histoire est grandeur et décadence. La nôtre est à l’heure de l’échéance dans la déchéance, l’échéance du sursaut collectif possible sinon du dépérissement menaçant. Ce pays est en détresse objective mais est aussi en attente.

Sonjé tè d’Ayiti, sal téyé. Sé manman libèté. S’il tombé, la lévé !

Difficile de rendre compte de « la substantifique moelle » de ce livre qui passionnera, je l’espère, les amants de la lecture sérieuse qui savent ce que réfléchir et méditer veulent dire, et qui se souviennent que l’Egypte ancienne connaissait le rythme des changements de saison entre la séquence des vaches grasses suivie de celle des vaches maigres. Imprévoyance pharaonique ou nature des choses sous l’empire mystique des Toutankhamon, des Hashepsouett et des Néfertiti. Il faudrait s’affranchir du fatalisme des dieux même tutélaires

« Haïti, de l’indépendance nationale aux interventions étrangères contemporaine », ce sont, en comprimés, les annales historiques d’un petit état-nation dont le nom a brillé en contraste et auquel on a trop souvent attribué le pire alors qu’il a parfois mérité le meilleur, même si la mémoire des peuples accuse des trous dans la légende des siècles. Une fortune de succès, un karma d’échecs, et, entre les deux, le malheur haitien malheureusement pérenne. Une publication haitiano-dominicaine en édition bi-lingue, français-espagnol, sous la signature du professeur Leslie F. Manigat qui dit Haïti aussi bien aux Haitiens qu’aux Dominicains pour leur apprentissage commun à la solidarité de « bon voisinage » qui devra succéder un jour à la tradition d’ennemis héréditaires trop longtemps établie, sauf absorption indésirée et invraisemblable.

Ne ratez pas l’occasion que vous offre ce livre qui vient de paraître, juste après « la crise haïtienne contemporaine », de lire à travers la double lorgnette haïtienne et dominicaine (édition bilingue français-espagnol) dans le grand registre du passé haitien scrutant l’avenir, les raisons de ne pas perdre toute espérance, pour notre confort intellectuel de peuple et pour l’édification de lecteurs dominicains capables de troquer leur haine ancestrale de l’haitien pour une compréhension source d’une sympathie qui tarde à percer à l’horizon. La France de Charles De Gaulle et l’Allemagne de Konrad Adenauer, ce serait trop beau pour être vrai, mais au moins y aurait-il une suggestion de direction à prendre, comme l’histoire sait en prendre, en matière d’initiatives individuelles rencontrant la nécessité sociale. Mais il ne faudrait être ni mesquin, ni jaloux, ni amorphe, ni médiocre, ni consentant, ni résigné. La révolution que j’ai caractérisée par provocation, de révolution nécessaire mais impossible, est à la recherche de Prométhéens plutôt que de pygméens, même s’il nous faut les deux selon le dosage approprié impératif.

En tout cas, cette communication haitienne à la séance du 21 avril de l’académie d’histoire de la République Dominicaine vient de paraître dans le format de la collection des Cahiers du CHUDAC, celle qui a donné, l’an dernier, « la révolution de 1946 ».

Sous le label de la signature « Leslie F. Manigat », « Haïti, de son indépendance nationale aux interventions étrangères contemporaines », est un livre à lire, à relire, à faire lire et à placer à son chevet pour les méditations réflexives opportunes du citoyen interrogeant un historien-politologue professionnel qui croit que le patriotisme peut être contagieux, à plus forte raison quand, au service de la jeunesse, on est haitien.








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