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Au revoir sénateur, bonjour ministre

jeudi 10 mai 2012 par Administrator

Sans transition. Aussitôt son mandat arrivé à terme au Sénat, il est devenu le ministre de l’Environnement avec un budget de plus d’un milliard de gourdes. Kély C. Bastien, ancien sénateur, estime qu’il continue toujours de servir le pays d’une façon ou d’une autre. Il revient sur son passé au Sénat.

Haïti : Il est maintenant directement au service du président Michel Martelly. L’ancien parlementaire de la plateforme politique INITE reste et demeure toujours un officiel. Kély C. Bastien est le nouveau ministre de l’Environnement. « C’est possible que je fasse partie du gouvernement Lamothe. Cependant, c’est seulement un arrêté qui rend officielle la nomination. L’arrêté devrait être publié incessamment », a-t-il confié au Nouvelliste, mercredi, en exclusivité.

M. Bastien estime que maintenant il ne pourra plus participer aux élections pour le renouvelement du tiers du Sénat. « Je ne peux pas courir deux lièvres à la fois. Faire partie du gouvernement et participer aux prochaines élections. Je pense que c’est une autre manière de continuer à servir mon pays, à me rendre utile en assumant la responsabilité de contribuer à améliorer l’environnement de mon pays dans une perspective de reconstruction durable », soutient l’ancien parlementaire.

Retour sur ses six dernières années au Sénat

Il ne peut pas se plaindre. Ancien président de l’Assemblée nationale, membre du bloc majoritaire au Sénat pendant longtemps, sénateur influent et ami du président de la République d’alors, Kély C. Bastien quitte le Grand Corps sans regret. Il estime avoir réalisé beaucoup de choses malgré les nombreuses difficultés rencontrées au Parlement.

Il parle de ses réalisations à trois niveaux : le parlementaire, le président du Sénat et l’agent de développement. Pour le premier, l’ancien sénateur indique avoir à son actif plusieurs propositions de loi, dont une sur le fonctionnement des ONG après le tremblement terre, lesquelles étaient partout et en tout. « Nous avons aussi contribué à insérer dans le budget un fonds de 8 millions de gourdes pour les communes du pays. Une mesure qui vise à faciliter la décentralisation et le développement... », indique-t-il.

En outre, il a préparé et fait voter la résolution pour demander aux Etats-Unis de lever l’embargo sur Cuba, une autre exigeant le départ des casques bleus au plus tard le 15 octobre, le dédommagement pour les victimes de l’épidémie de choléra, entre autres. L’ex sénateur se félicite aussi du vote de la proposition de loi sur les affaires courantes à laquelle il dit avoir participé.

Comme président du Sénat « j’ai aussi aidé à résoudre pas mal de crises dans le pays, notamment en 2008 après l’émeute de la faim en accomplissant mon devoir constitutionnel par un vote de censure contre le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis. »

Il dit avoir aussi fait des heureux pendant son passage à la tête du Sénat. Les employés et cadres de l’institution ont été envoyés à l’étranger pour suivre des formations sur l’administration, entre autres. Il a aussi fait voter la révision du règlement intérieur du Sénat.

Pour le Nord

Le nouveau ministre de l’Environnement dit avoir pratiquement contribué à résoudre le problème de l’électricité dans le département du Nord suite à la construction de la centrale électrique avec l’appui du Venezuela. Grâce à l’électricité, la sécurité est de retour dans sa région natale, selon lui.
Bastien a joué aussi le rôle de médiateur dans la crise qui paralysait le fonctionnement de la faculté de droit, des sciences économiques et de gestion du Cap-Haïtien. L’ancien parlementaire en est très fier.

Selon lui, sa lutte pour la construction de l’aéroport international au Cap-Haïtien se poursuit. Il dit avoir participé dans les lobbys aux côtés du président René Préval pour la construction de l’Université Limonade. Il reconnaît toutefois que la construction du parc industriel de Caracol n’est pas de son initiative. Mais « nous avons fait un plaidoyer au Département d’Etat et lorsque j’avais reçu des congressmen au Sénat après le tremblement de terre, je leur avais dit que c’est parce que tout se concentre dans la capitale que toutes ces personnes ont été tuées. Ce qui a mis le Nord dans leur liste prioritaire pour les cinq à dix prochaines années », explique M. Bastien.

Côté éducation, M. Bastien dit avoir contribué à la construction de dix lycées dans son département. Il est l’initiateur et l’artisan du programme de bourses d’études octroyées à plus de 100 jeunes qui sont allés étudier au Senegal. Pendant ces six dernières années, il se félicite d’avoir permis à environ 2 500 jeunes de fréquenter des écoles professionnelles.

Il a aussi « facilité des fonds de crédit à des centaines de femmes dans le département du Nord, la réhabilitation de nombreuses routes dans la région, les travaux de rénovation urbaine (Pignon, St-Raphaël, Borgne, Limbé), construction, de concert avec le maire, du centre de santé de Saint-Raphaël avec un don en matériel et équipement de la première Dame de la République. »

Pour comprendre ce qu’il a fait pour son département pendant son passage au Sénat, il demande à la population du Nord de comparer leur département d’avant 2006 à nos jours. Elle peut voir des grands chantiers qu’on retrouve seulement dans le département du Nord, souligne-t-il.

Mauvais souvenirs

Le parlementaire-ministre n’oubliera jamais les nombreuses critiques de ses collègues contre lui lors du vote de la loi d’urgence. Il estime qu’il y a eu des incompréhension. « A propos des qualificatifs qui avaient été utilisés, je crois qu’il y avait eu des excès. Après, les sénateurs se sont rendu compte de leur incompréhension. C’était un moment très difficile », se souvient Kély C. Bastien.

Préval, son ami, lui a donné un coup dans le dos

La loi sur les frais scolaires, qu’il a proposée et fait voter a été ignorée par son ami, le président René Préval. Kély C. Bastien l’a considéré comme un mépris qu’il n’est pas prêt à oublier. Il ne parle pratiquement plus à l’ancien chef de l’Etat. Il se rabat maintenant sur le pouvoir en place pour la faire publier.

Selon lui, il y a eu des manoeuvres politiques contre lui, en dépit du fait qu’il était sous son gouvernement. « Le palais national était aussi impliqué dans ces manoeuvres. Tout ce qui pouvait me donner de la visibilité était bloqué. Je n’ai pas eu d’explications sur la loi relative aux frais scolaires qui n’a jamais été publiée. Un fonds de 100 millions de dollars pour la construction de la route Gonaïves-Cap-Haitien était inscrit dans le budget. Une fois (le budget) déposé au Sénat, le fonds s’est envolé. Personne ne pouvait me donner des explications... »

Par ailleurs, M. Bastien rappelle que l’ancien président Préval avait voulu installer le Premier ministre Michelle D. Pierre-Louis sans qu’elle ait présenté sa politique générale au Parlement. Il avait demandé aux ministres d’entrer en fonction au lendemain de leur ratification. « Je lui avais dit non. Il m’avait demandé ce qu’il devait doit faire en sens. Je lui avais répondu qu’il devait discuter avec les sénateurs. Ce qui avait été fait et la même journée, le Premier ministre avait présenté sa politique générale et le gouvernement entré en fonction sans problème. »

L’ancien président René Préval avait décidé de ne pas intervenir dans la politique, selon Kély C. Bastien. Il avait donné toute la lattitude aux membres de la plateforme INITE et à ses élus de s’occuper de la politique. Il était consulté au besoin, mais « INITE fonctionnait en toute autonomie. Il s’était retiré. »

Il est maintenant l’ami de Martelly

Le nouveau ministre reconnaît qu’il a des relations avec le président Martelly. « Il montre qu’il a la volonté de faire quelque chose pour le pays. Il n’était pas dans la politique. Si maintenant on peut l’orienter dans l’intérêt du pays, ce serait bien pour la population. S’il faudrait critiquer quelqu’un, ce ne sera pas le président Martelly. Ce sont ceux qui l’ont voté qu’il faudrait critiquer », avance-t-il.

Selon l’ancien sénateur, ce qui importe pour le moment ce n’est pas la personne qui va construire les infrastructures dans le pays, mais c’est comment matérialiser qui est important. Kély C. Bastien s’est rapproché du président Martelly après l’échec de la ratification des anciens Premiers ministres désignés, Bernard Gousse et Daniel Rouzier. Depuis, c’est le grand amour. « Je dois admettre qu’il y avait des hésitations de part et d’autre. Et c’est normal », dit-il.

Kély C. Bastien dit quitter le Parlement avec le sentiment qu’il a laissé au pays un gouvernement dans lequel il compte offrir ses services. « Quoi qu’il arrive, je vais continuer à enseigner la gestion des projets de santé à l’Université d’Etat d’Haïti dans le cadre d’un programme de DESS. Les cours débutent en principe le 21 mai », dit-il.

Robenson Geffrard

rgeffrard@lenouvelliste.com

Voir en ligne : www.lenouvelliste.com







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