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Au Chili, c’est 5 000 Haïtiens…

lundi 17 mars 2014 par Administrator

En 2009, ils n’étaient que 200. Aujourd’hui, le nombre d’Haïtiens vivant au Chili tourne autour de 5 000. Pour beaucoup d’entre eux, partis à la recherche de meilleures conditions de vie, l’objectif n’est toujours pas atteint. Au-delà des difficultés auxquelles ils font face en terre étrangère, les immigrants confient qu’ils sont souvent victimes d’extorsions de la part des agents de l’Immigration à l’aéroport Toussaint Louverture quand ils doivent voyager. Et ce n’est pas tout.

Partir, peu importe la destination. Pour beaucoup d’immigrants haïtiens, c’était leur objectif avant d’avoir bravé la mer ou voyagé légalement. Si l’Amérique du Nord était toujours la destination rêvée de beaucoup d’Haïtiens, la réalité a bien changé ces quatre dernières années, après le tremblement de terre. L’Amérique du Sud, notamment le Brésil, a enregistré un nombre massif d’immigrants haïtiens. Le Chili commence également à en recevoir de plus en plus.

A l’hôtel Radisson à Santiago, ils étaient une vingtaine de leaders communautaires à rencontrer mercredi le Premier ministre Laurent Lamothe. L’occasion de présenter les doléances de la communauté haïtienne au Chili au chef du gouvernement. Des doléances qui sont souvent les mêmes partout, qui restent souvent sans suite. Représentants d’étudiants, hommes et femmes d’église, représentant du secteur vaudou… ils étaient tous là, en grande majorité originaires de l’Artibonite et du Plateau central.

Tous s’accordent sur un point : ils doivent verser en catimini (parfois dans des toilettes) entre 200 et 300 dollars américains à des agents de l’immigration sous peine, disent-ils, de ne pas rater leur vol. « Les gens qui voyagent pour la première fois sont en grande majorité les cibles des ‘’racketteurs’’ », indique Adneau Désinor, l’un des leaders, qui vit depuis cinq ans au Chili.

Le Premier ministre, qui a déjà été informé de cette pratique lors d’un voyage au Brésil l’année dernière, a visiblement exprimé son angoisse.Il a téléphoné immédiatement au directeur du service de l’Immigration pour lui demander de mener une enquête sur le dossier. « Les concernés doivent être identifiés et punis, a ordonné le chef du gouvernement. Il faut qu’il y ait aussi une circulaire à l’aéroport pour dire aux voyageurs qu’ils n’ont aucun frais à payer aux agents. »

Satisfaits de cette intervention du chef du gouvernement, les leaders communautaires avaient néanmoins d’autres revendications. Pour aller au Chili, l’Haïtien n’a pas besoin de visa, mais son passeport et ses billets d’avion. « Le prix du billet est extrêmement élevé, critiquent les immigrants. Auparavant, il était compris entre 1 300 et 1 400 dollars, aujourd’hui il est passé à 2300 dollars. Il n’y a pas de concurrence, car Copa Airlines est la seule ligne aérienne qui relie Haïti au Chili, en passant par Panama. »

Outre le prix du billet, ces derniers font aussi état d’un problème de communication au niveau de la ligne aérienne panaméenne avec les voyageurs haïtiens. Les messages ne sont pas diffusés en français, encore moins en créole. Sur ce point, Laurent Lamothe a ordonné à la ministre du Tourisme, Stéphanie Villedrouin, de faire le nécessaire.

En ce qui a trait aux étudiants haïtiens, des centres universitaires, disent-ils, refusent de leur octroyer leur diplôme après quatre à cinq ans d’études. Les diplômes de bac haïtien n’étant pas reconnus. L’ambassadeur d’Haïti au Chili, Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste, confie que le processus d’homologation des diplômes est en cours. Pour résoudre les différents problèmes auxquels sont confrontés les immigrants haïtiens, le Premier ministre a proposé la mise en place d’un « bureau de suivi » à l’ambassade.

Si tout n’est pas rose pour les immigrants, certains d’entre eux se débrouillent à leur façon pour sortir du lot. Gary Berlus, responsable d’une assemblée religieuse de 120 personnes, se lance aussi dans la musique évangélique. Il chante en espagnol. Sa fille Garryna, 15 ans, chante également pour la « gloire de Dieu » et prépare un album. Son père la devance. « J’ai un album sur le marché et il se vend très bien », confie l’originaire des Cayes qui vit au Chili depuis six ans.
Valéry Daudier
vdaudier@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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