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Au Best Western Premier, l’artisanat de luxe a une adresse

mercredi 3 avril 2013 par Administrator

Une fois la porte d’entrée de l’hôtel Best Western passée, la surprise n’est pas dans la finition parfaite du local, l’aménagement efficiente de cet espace réduit au coeur de Pétion-Ville où l’établissement prend place, l’émerveillement est de découvrir et d’admirer le travail de décoration conduit par Pascale Théard avec des artisans haïtiens de plusieurs régions du pays qui transforment en oeuvres d’art les matières et les textures de notre quotidien. Le luxe est dans le fini et dans les détails. Le miracle est l’enrichissement mutuel de chaque corps de métier au contact des autres.

Il n’existe pas de musée haïtien de nos savoir-faire artisanaux. Cela manque au décor. Comme il nous manque un vrai musée de la peinture haïtienne. Une adresse va combler une partie du vide dans un écrin chic : le Best Western Premier de Pétion-Ville.
« J’ai pu travailler avec les artisans de la Vallée de Jacmel, avec des artistes d’avant-garde, récupérer des pièces de la collection d’Issa El Saieh qui datent des années 70, le tout donne à l’hôtel un cachet », explique sur le ton posé qui est sa marque la designer Pascale Théard, papesse du mixage de l’artisanat et du luxe en Haïti.

Le résultat est remarquable. Rarement un hôtel aura réussi un tel alliage de bon goût et de modernité. Il a fallu la passion des frères Handal, Chris et Stanley, et le talent de Pascale Théard pour offrir une adresse où le voyageur ne fera pas que dormir. L’hôtel s’annonce déjà comme une invitation gourmande à découvrir les vraies richesses d’Haïti : sa culture et ses artisans.
« Déjà, les premiers clients veulent repartir avec un souvenir. La mise en valeur des artistes leur ouvre la perspective de vendre leur oeuvre à l’année longue en bénéficiant de l’hôtel comme d’une salle d’exposition », se réjouit Pascale Théard.

Impliquée dans le projet, en collaboration avec une firme américaine, la designer s’est surpassée, a pu apprécier ce mardi Le Nouvelliste au cours d’une visite en avant-première organisée pour le journal.
Pascale Théard, déjà célèbre pour ses créations, ses réalisations pour les plus riches familles vivant en Haïti et la décoration du bureau du président Michel Martelly au palais national, a mené à terme, avec brio et maestria, l’intégration du savoir-faire des artisans haïtiens au coeur d’un projet de plusieurs millions de dollars.

Plus que la décoration d’une escale luxueuse, le projet a du sens grâce à l’implication de Pascale Théard engagée depuis des années aux côtés des artisans qui lui permettent de réaliser de si belles installations. Pour le Best Western Premier, comme pour toutes ses autres commandes, elle conçoit, ils exécutent.

Au carrefour des rues Louverture et Grégoire, l’hôtel Best Western Premier donne sur la rue comme aucun autre établissement de la place. Elle accueille aussi sur ses murs, dans une alchimie subtile, le meilleur de ce que font les artisans haïtiens, eux aussi assis le plus souvent au coeur du béton palpitant des quartiers difficiles ou à même le bitume blanc de poussière de nos rues.
Avec intelligence et un sens du détail qui tranchent et transforment le plus banal des aptitudes en oeuvre d’art, Pascale Théart a transformé l’hôtel et toutes ses pièces en un temple en honneur de l’art haïtien dans ce qu’il a de plus brut et de plus créatif.

L’agencement de calebasses polies enfilées comme des perles qui vous accueille comme un rideau en chapelet dans le sas des deux portes d’entrée est comme une invitation au calme et à la sérénité.
Vous tournez à droite vous tombez sur la piscine, invisible de la rue mais si proche, et de ses fleurs soleil en fer découpé création de Mikerson Jean du village de Noailles de la Croix-des-Bouquets aux couleurs acidulées. Un pas vous conduit au spa oxygène et son mur de bulles en pierres polies de l’atelier de Dona Toussaint de Léogâne montées comme des pierres précieuses grâce à l’ingéniosité de Patrick Vilaire.

Si vous retournez sur vos pas les coussins en tissus de récupération de Paula Coles vous attrapent et vous invitent à les caresser le temps d’une halte à la bibliothèque de livres sur Haïti ou en sirotant une préparation du bar.
Chaque recoin du hall d’entrée de l’hôtel allèche l’oeil. Les couleurs comme les formes vous happent. Adossées à la réception, trois sculptures en bois fouillé de Nacius Joseph rappellent l’aventure de nos boat people. Un mur d’angle offre en miniature des pièces en pneus recyclés d’Eugène André du collectif Atis Rezistans de la Grand-Rue.

Pan de mur par pan de mur, chaque fois que cela est possible, une pièce en métal, un tableau en sequin et perle ou un masque rend hommage au travail des artisans haïtiens quand ce ne sont pas des photos qui soulignent combien le pays repose sur une diversité et des contrastes étonnants.
Dans le restaurant de cet hôtel de luxe, Le Michel, comme dans des chambres, on retrouve des panneaux en liane de la Vallée de Jacmel semblables aux clissés des maisons les plus pauvres du pays. Ce qui fait la différence, c’est le passage de la designer. La touche de Pascale Théard.

Ici, c’est une photo de Josué, pièce d’un puzzle habillant une colonne qui vous arrache un sourire, le peintre immortalisé par le photographe met la dernière touche à une affiche qui dit « Bonne accueil ». Haïti pure. Comme ses tableaux en baneco, collage de feuilles de banane séchées, qui ornent chaque chambre par décision du studio de design de Best Western qui est tombé en amour pour cette forme originale et très ancienne de notre artisanat.

Sur les sept étages, les ascenseurs sont habillés d’immenses papiers peints, tous agrandissement d’un motif d’un tableau d’un peintre de Saint Soleil, le mouvement d’art primitif qui célèbre cette année ses quarante et un ans. Agrandi trois mille fois, quelques centimètres carrés d’un tableau peut devenir une immense fresque. Ici, c’est le mélange du savoir-faire industriel qui pèse de tout son poids dans la transformation d’une oeuvre d’art en objet utilitaire artistique.

Le projet de construire un hôtel de plus à Pétion-Ville aurait pu accoucher d’un assemblage de chambres et d’espaces de plus. Les promoteurs en ont fait une adresse qui a une âme. Tout l’aménagement du Best Western Premier de Pétion-Ville est un hymne à la créativité et un hommage à la panoplie des talents qui peuple ce pays d’artistes où l’art est un joyeux pied de nez à la misère. A toutes nos misères.

L’hôtel Best Western Premier de Pétion-Ville ouvre ses portes officiellement jeudi dans la matinée à la presse, en soirée dans le cadre d’un gala où le tout Port-au-Prince est attendu. L’établissement de 106 chambres et suites, muni d’un restaurant, d’un spa et d’une salle de conférence compte améliorer l’offre hôtelière de qualité du pays. C’est aussi le premier établissement hôtelier sous enseigne d’une chaîne américaine à ouvrir ses portes en Haïti depuis des décennies.

Frantz Duval

duval@lenouvelliste.com








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