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Aristide attendu au parquet le 9 janvier

dimanche 6 janvier 2013 par Administrator

L’ex-président Jean-Bertrand Aristide n’a pas répondu jeudi à l’invitation du chef du parquet de Port-au-Prince. Il s’est fait représenter par son avocat. Motif : le leader Lavalas, accusé d’abus de confiance, d’escroquerie et de détournement de fonds, aurait reçu le mandat de comparution trop tard. M. Aristide est à nouveau convoqué le mercredi 9 janvier 2013 à 10 heures du matin.


Le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Lucmane Déllile, s’attendait à auditionner une personnalité politique influente, le jeudi 3 janvier 2013. Il s’agit de Jean-Bertrand Aristide. Ce dernier est accusé d’abus de confiance, d’escroquerie et de détournements de fonds par Sony Thélusma, dit Ti Sony Aristide (ex-pensionnaire de l’organisation Lafanmi Se Lavi, dirigée par Jean-Bertrand Aristide) et par Rosemond Jean, coordonnateur national des sociétaires victimes des coopératives. David Chéry (coopérative Cœurs Unis), Pierre Wilfrid Boucard (coopérative CEI) et l’ancien président du Conseil national des coopératives (CNC), Henriot Pétiote, font également partie des individus accusés par Rosemond Jean.

Il est 10 heures. Un important dispositif de sécurité est constaté devant le parquet. Des sapeurs-pompiers sont également sur place. Plusieurs dizaines de sympathisants de l’ex-président, chauffés à blanc, manifestent. Une bande à pied crée l’animation. Ils scandent des propos hostiles au président Michel Martelly. « Aristide est intouchable. A bas Martelly ! », lancent certains des protestataires, estimant que le pouvoir est en train de déstabiliser le pays davantage.

Quelques minutes avant, l’arrivée des plaignants sous protection de la police a suscité une colère chez les manifestants qui ont lancé des pierres. La police a dû faire usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule. Devant l’hostilité des partisans d’Aristide, un petit groupe réclamant justice et réparation a dû être transporté dans des véhicules de la police nationale.
Les minutes s’égrènent, exhibant des photos de leur leader, les supporteurs de l’ex-président continuent de manifester à l’entrée du parquet. Le militant Lavalas Ansyto Félix arrive. « Convoquer Aristide, c’est convoquer le peuple haïtien », déclare-t-il.

« Personne n’est au-dessus de la loi, mais les procédures doivent être respectées. Nous conseillerions aux autorités de ne pas utiliser l’appareil judiciaire à des fins politiques », ajoute le militant aux micros des journalistes qui attendaient l’ancien prêtre de Saint-Jean Bosco, élu président à deux reprises et exilé deux fois avant la fin de son mandat.

Il est midi. Jean-Bertrand Aristide ne se présentera pas finalement présenté au parquet. Me Mario Joseph, l’un des défenseurs du parti, indique que l’ex-président a reçu l’invitation trop tard, soit le mercredi 2 janvier, à 10 heures, qui est également un jour férié. « Le président Aristide est un justiciable, il comparaîtra devant la justice moyennant que les procédures soient respectées », assure Me Joseph à sa sortie au bureau du chef du parquet.

Les protestataires parlent, entre autres, d’intimidation, de persécution politique. « Il n’y a nullement lieu de parler de persécution politique » rétorque Me Lucmane Délille, ancien opposant à Jean-Bertrand Arisitide en 2004. Au cours d’une cérémonie organisée à l’époque à la Faculté des sciences humaines de l’Université d’Etat d’Haïti, Me Lucmane Délille avait déjà jugé symboliquement Jean-Bertrand Aristide.

Le chef du parquet est-il motivé par un esprit de revanche ? « Non, ce n’est pas le militant qui est là, c’est le magistrat », répond le chef du parquet, soulignant que tout citoyen peut porter plainte contre n’importe qui.

De son côté, Ti Sony, l’un des plaignants, indique qu’il fait l’objet de beaucoup de menaces par téléphone depuis qu’il a porté plainte contre Jean-Bertrand Aristide qui n’a jamais pipé mot depuis son retour au pays en 2011 après sept ans d’exil en Afrique du Sud. « Nous resterons mobilisés afin de trouver justice et réparation », soutient Sony Thélusma.
Il n’est que d’attendre !

Valéry Daudier








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