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Après les interdictions de départ, la résidence surveillée - par : lenouvelliste.com

jeudi 5 janvier 2012 par Administrator

Ribel Pierre, ancien conseiller électoral, n’est plus libre de ses mouvements. Il est en résidence surveillée. On n’a pas de nouvelles de Gaillot Dorsinvil. Les deux hommes ne peuvent quitter le pays. Personne n’a porté plainte contre eux. Ni ceux qui les accusaient ni ceux qui les chargeaient de tous les maux. Les organismes de défense des droits de l’homme font le black-out sur leur cas. La saga de deux des ex-membres du CEP continue.

Haïti : « Ils m’ont séquestré dans ma maison. Les policiers postés à l’entrée de ma résidence empêchent quelle que soit la voiture de traverser la barrière principale », s’est plaint l’ex-conseiller, qui ne peut même pas remettre les deux véhicules et l’arme qui étaient en sa possession comme l’exige l’arrêté présidentiel en date du 29 décembre 2011. Des employés du service logistique du Conseil électoral provisoire dépêchés sur place en vue de récupérer les matériels ce mardi ont dû retourner bredouille, a aussi confié Ribel Pierre avant de préciser qu’il n’y a pas que la sortie de sa maison qui soit gardée.

« Non seulement les véhicules ne peuvent plus quitter mon domicile, mais aussi ceux qui me rendent visite sont soumis à de nombreuses questions ayant rapport à leur identité. Dans la plupart des cas, ils sont obligés de laisser une pièce d’identification pour avoir accès à la maison », a confié l’ancien représentant du Conseil national des partis politiques au sein de l’institution électorale.

Selon une source proche du ministère de la Justice, c’est une simple mesure de précaution comme dans le cas de Jean-Claude Duvalier. "Personne n’est arrêté, mais la police veille à leur sécurité et connaît leurs déplacements. Les concernés sont libres de leurs mouvements... sous surveillance », a indiqué notre interlocuteur qui a voulu garder l’anonymat.

Alors que l’on est sans nouvelle de Gaillot Dorsinvil depuis qu’il lui a été impossible de quitter le pays le 30 décembre dernier, Ribel Pierre critique les autorités de la justice haïtienne qui, selon lui, le persécutent. C’est de la persécution politique, a-t-il affirmé sans pouvoir préciser les raisons qui auraient expliqué ce comportement. L’ex-conseiller, qui prétend n’avoir rien à se reprocher par rapport à l’organisation des dernières élections, déclare qu’il ne se laissera pas intimider. Personne ne pourra m’enlever ma liberté, a-t-il souligné.

Ribel Pierre critique également les responsables de la Police nationale d’Haïti qui, selon lui, ont déployé des agents pour l’enfermer dans sa maison depuis le samedi 31 décembre. « Il y avait au départ trois véhicules remplis de policiers qui se renouvelaient à des périodes régulières. Ce matin, je n’ai remarqué qu’une seule voiture », a fait remarquer l’ancien conseiller, qui croit que les autorités se sont trompées de cible car il n’a pas été comptable de deniers publics.

Après avoir été l’objet d’une interdiction de départ cassée par le tribunal des référés le 22 août 2011, l’ex-conseiller électoral a été empêché de prendre l’avion samedi en direction des Etats-Unis à l’aéroport international Toussaint Louverture en attendant de remettre les matériels de l’Etat qu’il a en sa possession et que des enquêtes soient menées sur sa gestion à l’institution électorale, selon une note du ministère de la Justice et de la Sécurité publique.

Gaillot Dorsinvil et Ribel Pierre sur le point de demander l’asile politique.

Persécution politique, voilà comment l’avocat de Gaillot Dorsinvil et de Ribel Pierre qualifie l’interdiction de départ et la mise en résidence surveillée de ses clients. « Sans une décision de justice, ni une instruction menée par un juge, Ribel Pierre fait l’objet d’une mesure de mise en quarantaine policière », a déploré Me Osner Févry, soulignant que cette mesure renvoie au régime dictatorial des Duvalier et à la montée des nazis avec Hitler

En réponse à cette situation, Me Févry a indiqué qu’il ira au tribunal pour demander des explications. « Si ces deux messieurs- Gaillot Dorsinvil et Ribel Pierre- continuent à faire l’objet de persécution politique, ils n’auront pas le choix que de demander asile politique pour se réfugier dans un autre pays », a-t-il dit.

Pour l’homme de loi, cette mesure prise contre Ribel Pierre est comme une sanction pour n’avoir pas signé les résultats des élections présidentielle et législatives qui ont conduit Michel Martelly au pouvoir. « La police est devenue complice de l’action répréhensible de M. Brunache en montant la garde devant la maison d’un citoyen sous forme de surveillance. Seul un juge d’instruction pouvait prendre cette décision », a-t-il dénoncé.

Selon lui, M. Brunache a inauguré ses fonctions au sein du ministère de la Justice avec un ensemble de mesures illégales, arbitraires et irrégulières. « Jusqu’ici, son Premier ministre n’a rien dit, les organismes de défense des droits humains n’ont encore rien dit », a-t-il critiqué dans une interview accordée au Nouvelliste. Il a dit apprendre de l’ancien commissaire du gouvernement, Me Lionel Constant Bourgouin, que le ministre de la Justice faisait des combines dans l’idée d’émettre un mandat contre Ribel Pierre.

Sans succès, Le Nouvelliste a tenté d’entrer, mercredi soir, en contact avec les responsables de la police pour en savoir plus sur les motivations de la mise en résidence surveillée de Ribel Pierre.

L’ULCC attend

L’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), semble n’avoir toujours pas été saisie du dossier des conseillers électoraux inculpés de malversations et de corruption lors des élections de novembre 2010 et de mars 2011, selon Radion Vision 2000.

Selon son directeur général, Amos Durosier, l’ULCC n’a reçu jusqu’à date aucune dénonciation formelle et ne peut donc enquêter sur ce dossier.

« S’il y a des pots-de-vin qui ont été distribués à des membres du CEP, que les témoins viennent les dénoncer afin de permettre à l’ULCC de mener des investigations », a indiqué le professeur Durosier, qui rassure les dénonciateurs qu’ils seront protégés.

Pour sa part, Paul Yves Joseph, conseiller à la Cour des comptes, pense que les dernières scènes observées dans le dossier des conseillers électoraux renforcent la nécessité d’effectuer des réformes en profondeur dans les lois haïtiennes.

Outre la mise en place du Conseil électoral permanent, Paul Yves Joseph propose la création d’une section électorale au niveau des tribunaux de première instance avec des juges expérimentés pour traiter les dossiers électoraux et rendre les jugements de façon célère, selon Radion Vision 2000.

Source : lenouvelliste.com








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