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Andrésol veut arriver au terme de son mandat - par : lenouvelliste.com

mardi 27 mars 2012 par Administrator

Les rumeurs sur une éventuelle démission du directeur général de la Police nationale n’étaient pas sans fondement. C’est le pouvoir en place qui lui avait donc fait la proposition. « Une sortie honorable » avec pour prétexte la question des « anciens militaires ». Mais Mario Andrésol ne veut pas partir avant le 18 août, date à laquelle sont mandat prendra fin. Il s’isole lui-même, selon les autorités de l’Etat.

Haïti : Les relations entre le directeur général de la PNH et le président Martelly se dégradent de jour en jour. Depuis son opération à la cheville, Mario Andrésol ne répond pratiquement pas aux appels téléphoniques du palais national ni à ceux du ministre de la Justice et de la Sécurité, selon un membre très influent du gouvernement. « Il ne répond à personne. » Pour sortir de cette situation, le pouvoir en place lui a carrément proposé de démissionner. « Il est important de sentir la présence du chef de la police dans le contexte actuel. Il paraît qu’il y a un manque de motivation chez lui... »

C’est le ministre de la Justice et de la Sécurité publique qui lui a fait cette proposition, vendredi, à la suite d’une rencontre de trois heures en la résidence privée de Mario Andrésol. « On ne sait pas la raison qui pousse M. Andrésol à adopter ce comportement et à faire montre de ce manque de motivation », explique au Nouvelliste une source proche du gouvernement, soulignant que cette proposition ne vient pas de Me Michel Brunache, mais de bien plus haut que cela.

Le chef de la police a répondu négativement à cette proposition. M. Andrésol a catégoriquement rejeté cette sortie « honorable ». Il entend rester à son poste jusqu’à la fin de son mandat en août prochain. « Nous avons pensé qu’après sept ans à la tête de la PNH, il méritait de laisser son poste par la grande porte. On voulait lui donner une raison de démissionner. Mais il paraît qu’il a un agenda politique. Il ne fait pas cas des responsables politiques du pays », a renchéri notre source, très bien placée au sein du pouvoir qui a requis l’anonymat.

M. Andrésol s’isole lui-même, a poursuivi notre source. « Il campe derrière son mandat non encore terminé, il pense avoir l’appui de la communauté internationale... Son manque de motivation a indirectement encouragé la montée de l’insécurité dans le pays. C’est pourquoi le gouvernement intervient directement auprès de la chaîne policière : DCPJ, DDO, unité spécialisée, entre autres, à l’insu de M. Andrésol. »

Michel Martelly est allé visiter, la semaine dernière, plusieurs unités de la PNH sans se faire accompagner de leur chef. « Il ne répond à aucune invitation, c’est pourquoi on n’avait même pas besoin de l’inviter », a expliqué notre informateur.

La Minustah prête à donner l’assaut

Le prétexte proposé au patron de la PNH pour donner sa démission est la question des hommes armés qui occupent plusieurs anciennes casernes militaires des Forces armées d’Haïti. « ...la circulation d’hommes en uniforme et parfois armés n’appartenant ni à la Minustah ni à la PNH est absolument inacceptable. La police se doit d’agir avec la dernière rigueur afin de mettre fin à cette situation illégale qui trouble l’ordre public », écrivait, la semaine dernière, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique dans une note à Mario Andrésol.

Paradoxalement, le gouvernement sait pertinemment que la police ne pourrait pas déloger les « anciens militaires ». Rapport de force disproportionné. « La PNH ne peut pas le faire », a reconnu ce membre influent du gouvernement. Par contre, a-t-il souligné, les Casques bleus n’attendent que l’ordre du gouvernement pour donner l’assaut. « Le gouvernement est sur le point d’autoriser la Minustah à déloger ces hommes armés. Et cette dernière est prête à passer à l’action. C’est nous qui leur demandons d’attendre. Par contre, la PNH ne pourra pas. »

Selon ce membre du gouvernement, la MINUSTAH est venue dans le pays en 2004 parce qu’il y avait des hommes illégaux armés qui troublaient l’ordre public. Tout comme ceux-là, ceux qui, aujourd’hui se disent anciens militaires ne respectent pas les autorités établies, a-t-il ajouté. « On ne corrige pas le désordre par le désordre. Ils ne font que compliquer davantage le processus de la remobilisation des Forces armées d’Haïti (FAD’H). Une situation qui ternit l’image du pays sur le plan international alors qu’on demande aux investisseurs de venir investir. »

Tout comme la population, le gouvernement ne sait pas d’où ces « anciens militaires » ont pû trouver des ressources financières nécessaires pour s’armer, s’entraîner et se nourrir. Le pouvoir avance des hypothèses. « Ils ont eu le financement de ceux qui ont intérêt à déstabiliser le pays en favorisant le trafic de la drogue et l’établissement de l’insécurité », a déploré ce membre du gouvernement.

C’est donc maintenant que le pouvoir veut structurer le bureau qui gère le dossier des militaires démobilisés que dirige l’ancien colonel Jeudy. « Le gouvernement compte renforcer le bureau des militaires démobilisés afin de faire avancer plus rapidement le dossier des fonds de pension, entre autres », a informé la même source gouvernementale.

Selon elle, le chef de la police ne risque rien après la fin de son mandat. « Il n’a rien à craindre. Jusqu’à vendredi dernier, il avait de très bonnes relations avec le ministre de la Justice », a-t-elle confirmé.

Mario Andrésol, qui généralement répond aux appels du Nouvelliste, était injoignable depuis dimanche et ce lundi encore. Son second mandat consécutif de trois ans expire le 18 août 2012.

La question qui se pose aujourd’hui est celle-ci : Quand et pourquoi les relations entre le chef de la PNH et le président ont-elles commencé à se dégrader ? Mario Andrésol accompagnait toujours Michel Martelly à l’aéroport international Toussaint Louverture lorsque le chef de l’Etat partait en voyage et le rencontrait souvent.

Robenson Geffrard

rgeffrard@lenouvelliste.com








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