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Affaire Jean Dominique : Sò Anne, Mirlande Libérus et consorts visés

samedi 18 janvier 2014 par Administrator

Le juge Yvikel Dabrésil, chargé de mener une nouvelle instruction dans le cadre du double meurtre du journaliste Jean Léopold Dominique et de son gardien Jean-Claude Louissaint le 3 avril 2000, a remis son rapport vendredi à la cour d’appel. Annette Auguste dit Sò Anne, Gabriel Harold Sévère, Frantz Camille allias Franco Camille, entre autres sont inculpés alors que Mirlande Libérus Pavert est considérée comme l’auteur intellectuel.

16 personnes ont été auditionnées dont deux anciens chefs d’Etat haïtien. Environ 14 ans après le double assassinat du célèbre journaliste Jean Léopold Dominique et de son gardien Jean-Claude Louissaint, la justice haïtienne semble faire un pas important dans ce dossier. Le juge Yvikel Dabrésil a rendu son rapport à la cour d’appel composée de deux autres juges : Alténor Batherlemy et Métélus Patrick en séance spéciale et publique ce vendredi.

Quelques journalistes et des avocats assistent à la séance. Pendant une trentaine de minutes, la greffière Juliette Garçon Véus a fait la lecture du rapport à l’intention des honorables juges de la cour d’appel. Dans son travail d’instruction, le juge Yvikel Dabrésil revient sur les faits et rappelle que des juges se sont succédé dans le cadre de cette affaire. Soit à titre d’inculpés ou à titre de témoins, plusieurs personnes ont été entendues alors que d’autres sont en fuite et font l’objet d’avis de recherche, a souligné le juge.

Les témoignages relatés dans le rapport du juge Yvikel Dabrésil

Hulus Jean-Daniel fut le premier enquêteur de la DCJP à avoir recueilli les dénonciations selon lesquelles un certain Djensley alias Tibout aurait assassiné le journaliste pour la somme de 80 000 dollars américains. Arrêté, Djensley s’est évadé de la prison et n’a jamais été retrouvé, selon le rapport. Le corps d’un certain Lalane, blessé mortellement par la police lors de son arrestation, conduit à la morgue de l’Hôpital général, a disparu miraculeusement.

L’ex-chef de la police nationale, Mario Andrésol, avait été également entendu dans le cadre cette affaire. En 2000, il était le directeur de la DCPJ. Au moment de l’assassinat, l’ancien patron de la PNH n’était pas au pays. Son adjoint à la DCPJ, Jeannot François, a été lui aussi entendu. En outre, Tilmé Venel a déclaré que le nommé Panel Enélus alias Tipanel lui avait avoué avoir reçu 100 000 dollars américain pour l’assassinat du journaliste. « Arrêté sur la frontière et incarcéré au commissariat de Léogâne, il a été lynché par la population… »

Des déclarations fracassantes de Oriel Jean, ancien responsable de l’USP. « Selon ce témoin, après une rencontre avec le président Aristide, celui-ci lui avait demandé d’entrer en contact avec Madame Mirlande Libérus Pavert qui était à l’époque sénateur de la République. Cette dernière lui avait expliqué qu’elle avait pour mission de contrecarrer les activités de Jean Léopold Dominique à qui l’on reprochait de vouloir ternir l’image du parti Lavalas. Toujours d’après ce témoin, Jean Dominique et René Préval avaient mis sur pied un parti politique dénommé Koze pep qui devait présenter Jean Léopold Dominique comme candidat à la présidence aux élections de 2000… »

Toujours selon les déclarations de Oriel Jean cité dans le rapport, « Madame Mirlande Libérus Pavert avait déclaré péremptoirement Fòk nou fèmen bouch Jean Dominique pour que notre slogan devienne une réalité à savoir Fòk 2001 bon tout bon. Dans tous les cas, cette question n’a jamais pu être élucidée, car Madame Libérus n’a à aucun moment répondu aux convocations. Les déclarations que lui a prêté le témoin Oriel Jean font planer des suspicions sur elle… »

Le 7 mars 2013, l’ex-président René Préval. a été entendu à la chambre d’instruction de la cour d’appel de Port-au-Prince « Sa déposition n’a pas fait avancé le dossier ayant seuelement déclaré que Jean Léopold Dominique était un ami de longue date et qu’il avait parlé au téléphone avec son épouse immédiatement après le drame », selon le rapport.

Le 8 mai 2013, l’ancien président Jean-Bertrand Aristide a été entendu à titre de témoin, . A la question quelle information il pouvait fournir à la justice concernant l’assassinat de Jean Léopold Dominique, « il a répondu qu’il avait appris la nouvelle à la radio comme tout le monde. Il a ajouté que Jeando était son ami… soufrans sa toujou nan kè mwen avek espwa ke lajistis ap rive dekouvri asasen yo ».

Interrogé sur les dénonciations de Oriel Jean pointant du doigt Madame Libérus dans l’assassinat de Jean Dominique : « Il a répondu ; map diw plis ke sam panse, map diw sam konnen. Mwen konnen deklarasyon sa yo, manti sa yo pap pase. Mirlande Libérus, ansyen senatè Repiblik Dayiti inosan, li paka viktim manti sa ki pa gen ni pye ni tèt. Li konsène moun ki bay li a. Mwen mande pou lajistis pa kite politisyen sèvi ak kadav frè n, zanmi n pou fè pèsekisyon politik. »

Le 31 janvier 2011, Marie Michèle Montas, plaignante, elle, a déclaré que le 3 avril 2000, comme d’habitude, elle devrait rejoindre son mari vers 6 heures 30 pour animer ensemble le journal de 7h. A la question pourquoi elle n’était pas avec Jean Dominique ce jour-là, elle répondit qu’elle descendait rarement avec lui. « Jean s’occupait des nouvelles internationales et elle des dossiers nationaux. »

Selon Michèle Montas, son mari était toujours l’objet de menaces depuis plusieurs années. « A la question, pourquoi l’avait-on assassiné, elle a répondu, étant journaliste, son mari avait des éditoriaux qui touchaient plusieurs dossiers sensibles. Importation de l’éthanol, l’affaire du laboratoire Pharval et celle de l’observation électorale. Selon la plaignante, ces dossiers touchaient des gens riches et puissants… »
Selon le rapport du juge Yvikel Dabrésil, tous les témoins ont été entendus dans le cadre de cette affaire, la chambre d’instruction criminelle de la cour d’appel de Port-au-Prince a jugé nécessaire d’interroger les personnes inculpées par le juge d’instruction d’alors, Me Fritzner Fils-Aimé, selon le rapport en date du 17 mars 2009. Il s’agit des nommés Annette Auguste dit Sò Anne, Gabriel Harold Sévère, Frantz Camille allias Franco Camille. « La première inculpée interrogée est la Dame Annette Auguste le 21 février 2011. Il est à noter qu’elle n’a jamais été écrouée. »

Ont été également entendus : Jacques Anthony Nazaire, Jean-Claude Délice, Pierre Réginald Boulos, Yvon Neptune, Charles Suffrard, Rudolf Boulos, Henri-Claude Ménard, Dany Toussaint, Sauveur Pierre Etienne. Ce dernier a fait savoir que « Jean Léopold Dominique avait été assassiné parce qu’il était présidentiable ».

Selon le rapport du juge Dabrésil, après avoir entendu les différents témoins et interrogé les trois personnes inculpées, le magistrat a pris connaissance des témoignages de Robenson Thomas dit Labanière publiées à la page 19 de l’édition du 19 avril 2004 du journal Le Nouvelliste qui relate : « beaucoup de gens ont été accusés, arrêtés par le gouvernement Lavalas qui voulait les faire passer pour les auteurs du crime sur la personne de Jean Léopold Dominique. Les nommés Tibout et Gilou sont encore en prison alors qu’ils ne sont pas coupables. La personne responsable de cet acte est l’ancien magistrat de Port-au-Prince Harold Sévère… »

Enfin, le juge Yvikel Dabrésil, conclut son rapport : « Il y a lieu pour la chambre d’instruction criminelle de recommander ce qui suit : Annette Auguste dit Sò Anne, Gabriel Harold Sévère, Frantz Camille alias Franco Camille devraient être présentés par-devant la cour d’assise pour leur implication présumée dans ce double meurtre. »

« Tous les indices font peser de grandes suspicions sur les nommés Djensley dit Tibout, Mackentong Michel, Jean Daniel Jeudy, Jean Mercidieu Toussaint et Mérité Milien qui sont en cavale et font l’objet d’avis de recherche, de mandats d’amener et d’arrêt. »

« Quant à la dame Mirlande Libérus Pavert, malgré les diverses invitations, elle ne s’est jamais présentée pour répondre aux accusations portées contre elle par Oriel Jean, un procès-verbal de non-comparution a été dressé en la circonstance. Ce qui fait planer sur elle de graves suspicions. D’après le témoin Oriel Jean, c’est elle qui aurait planifié le meurtre. Par conséquent, elle est considérée comme l’auteur intellectuel, il revient à la justice de faire ce que de droit. »

Robenson Geffrard
rgeffard@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste







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