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79 policiers révoqués : aucun lien avec l’affaire Clifford Brandt

mercredi 7 novembre 2012 par Administrator

79 policiers ont été effectivement radiés de la police nationale sur une liste de 138 agents sous enquête. Cependant, le rapport de « vetting » réalisé conjointement par la police nationale et la Minustah ne les implique pas directement dans l’affaire Clifford Brandt. L’inspecteur général en chef de la PNH dénonce la fuite de ce rapport dans la presse et promet de continuer à travailler avec acharnement au processus d’épuration de l’institution policière.

Les raisons de la révocation de ces 79 policiers sont mombreuses. Faux et usage de faux, abandon de poste, vol à main armée, agression, viol, implication dans le trafic de stupéfiants, présentation de faux certificats de fin d’études secondaires (baccalauréat), négligence au travail, complicité dans des évasions de prisonniers, entre autres. Seul le commissaire divisionnaire Auguste Ulrick Cinéus a été démis de ses fonctions pour perception illégale d’argent et activités suspectes sur ses comptes bancaires, selon le rapport de vetting réalisé par la police nationale conjointement avec la Minustah, dont Le Nouvelliste a eu une copie avec tous les détails en exclusivité d’une autorité requérant l’anonymat.

« …Un train de vie très élevé, l’achat d’un véhicule flambant neuf à 26 750 dollars américains alors que son revenu mensuel est de 1 150 dollars américains… », a mentionné le rapport faisant référence au commissaire divisionnaire Auguste Ulrick Cinéus. Il lui a été reproché d’autres faits qui ne font pas honneur à la police nationale.

Quatre autres hauts gradés de la PNH, trois inspecteurs généraux et un commissaire divisionnaire, ont été également chassés de la PNH. D’abord, il y a l’ancienne porte-parole de l’institution policière, Marie Gessy Coicou, inspecteur général. Faute révélée contre elle : absence sans autorisation. Selon une première analyse des enquêteurs, le fait qui lui est reproché n’est pas fondé. « Le motif d’absence sans autorisation évoqué au terme de la procédure de vetting n’a jamais été constaté par l’administration de la PNH », précise le rapport.

Cependant, une deuxième analyse a permis de comprendre clairement que « la mise en cause a quitté le pays depuis 2007 sans aucune autorisation », a révélé le rapport. Dans une correspondance adressée à la Minustah, Marie Gessy Coicou s’est dit étonnée d’entendre à la radio que son nom figurait sur une liste de policiers indésirables alors que son passage à la PNH est sans reproche.

« …J’ai alors adressé une demande de mise en disponibilité au ministre de la Justice avec copie au DG de la PNH, demande pour laquelle je n’ai jamais reçu de réponse. Par la suite, j’ai fait savoir au CSPN que je démissionnais de la PNH. Là encore je n’ai reçu aucune réponse », a-t-elle écrit, soulignant que depuis son départ pour le Canada en 2006, elle n’a reçu aucun chèque de la PNH.

« Lors de mon passage à l’Inspection générale de la PNH, j’ai collaboré avec les membres de la Minustah, responsables du vetting. A cette époque je leur ai proposé de faire mon vetting d’abord pour rassurer le reste de l’institution et leur prouver que cet exercice visait au bien de l’institution », a-t-elle ajouté pour prouver son innocence.

De son côté, l’inspecteur général Jude Altidor a été révoqué pour faux et usage de faux et abus de biens sociaux. « Les faits reprochés sont bien fondés et reconnus par l’intéressé lui-même lors de l’enquête… », selon le rapport de la commission mixte PNH-Minustah.

Ensuite, il est reproché à l’inspecteur général Hertz Obas de s’être approprié de l’argent appartenant à l’Etat, négligence dans l’application des règlements du service et copropriétaire d’une société de la place à l’époque de l’enquête. Pour le quatrième haut gradé sanctionné, Max Gabriel Louis, commissaire divisionnaire, il s’agit tout simplement d’un abandon de poste.

Cette liste de 79 policiers, inclut des inspecteurs de police (I, II, III), des agents (I, II, III) et des employés civils de la PNH.

Les précisions de l’inspecteur général en chef

C’est un fait. Le vetting a été réalisé. « Le processus de purification au sein de la police nationale n’est pas nouveau », a fait remarquer Abner Vilmé dans une interview accordée au Nouvelliste mardi matin dans son bureau. « Le processus de vetting, a souligné l’inspecteur général en chef de la PNH, est le résultat d’un accord existant depuis 2005 entre le gouvernement haïtien et les responsables de la Minustah. Il concerne tous les policiers indistinctement et ce de façon continue. « Même moi qui suis l’inspecteur général en chef de la police », a-t-il indiqué précisant que le directeur général de la PNH devait s’y soumettre

Il s’agit d’une enquête sur le mode de fonctionnement du policier. Ses comptes bancaires, son rapport avec ses camarades au travail, dans son quartier, et même sa résidence, sa moralité, entre autres.

Dans un tout premier temps, le processus vetting concernait 5 000 policiers. Ensuite, les enquêteurs ont examiner le dossier de 138, puis de 92 pour enfin arriver à la révocation des 79 agents. Une commission mixte composée d’éléments de la Minustah et de la police nationale a effectué le travail de révision.

« Je ne sais pas par quel moyen cette liste est arrivée dans la presse. Ce n’est pas correct qu’un policier apprenne qu’il a été révoqué par la voie des ondes. Cela peut faire du tort à l’institution policière », a déploré le chef de la police des polices, après qu’une station de radio de la capitale a publié la liste en direct.

M. Vilmé a précisé que la procédure veut que le policier soit mis au courant des faits qui lui sont reprochés avant de lui exiger de remettre les matériels de la PNH en sa possession. Puis, l’agent incriminé reçoit ses prestations légales convenablement. Il sera remis à la justice pour les suites nécessaires dépendamment des faits qui lui ont été reprochés. Dans le cas de ces 79 policiers, ils auront droit au salaire du mois d’octobre.

Selon le numéro 2 de la police nationale, au sein de la PNH il existe deux sortes d’enquête. Une enquête criminelle menée généralement par la DCPJ et une autre administrative menée par l’Inspection générale

Dans ce processus de certification de la Police nationale d’Haïti, les possibilités d’erreur sont minces. Le chef de communication de la UNPOL, Miguel Alston, s’est montré rassurant. « On a fait appel à l’expertise et au savoir-faire d’une soixantaine de policiers internationaux ? a-t-il indiqué sur Radio Ibo. Si on a pu produire ces recommandations, c’est parce qu’on est sûr que ces officiers dont les noms figurent sur la liste sont de moralité douteuse. »

Abner Vilmé a reconnu qu’il n’est pas le dernier inspecteur général en chef de la police nationale. Mais il veut marquer son passage en mettant tout en œuvre afin débarasser l’institution de ses mauvais éléments. « Le policier qui est là pour servir la population doit être propre », a-t-il déclaré, promettant qu’il va continuer à se battre pour cela.

Arrivé à la tête de l’Inspection générale il y a de cela quelques mois, Abner Vilmé dit avoir trouvé cette entité de la PNH dans un état de dysfonctionnement. A présent, il l’a redynamisée. Six inspecteurs généraux dirigent six divisions : affaires judiciaires, affaires financières, droits humains, affaires pénitentiaires, pour les unités spécialisées, analyse-statistique et informatique.

Il a invité la population à porter plaintes lorsqu’elle est victime d’abus du pouvoir ou autre de tout agent, mais, a-t-il nuancé, il faut que la plainte soit justifiée. Abner Vilmé n’a pas caché qu’il a des amis au sein de la PNH. Mais, a-t-il indiqué, ses vrais amis sont ceux qui l’aident à mieux faire son travail. Il n’aurait aucune hésitation à enquêter sur n’importe qui. « J’ai la loi comme seule boussole », a-t-il avancé.

Il faut mentionner que le rapport de la commission mixte de révision PNH-MINUSTAH n’indique nulle part que ces 79 policiers ont des rapports avec le réseau de kidnapping impliquant l’homme d’affaires Clifford Brandt. Le processus a été entamé bien avant ce dossier. Il faut souligner également que nulle part dans le rapport il n’est indiqué, non plus, que ces agents de la police nationale n’avaient rien avoir avec l’affaire Brandt.

Robenson Geffrard

rgeffrard@lenouvelliste.com








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