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2012 : une année de crise, annonce Steven Benoît - par : Danio Darius, Lenouvelliste.com

mardi 10 janvier 2012 par Administrator

Haïti : « Cette crise était latente. Elle va éclater dès la rentrée parlementaire », a prédit très tôt ce lundi le premier sénateur du département de l’Ouest sur les ondes de Radio Magik 9. Parmi les sujets qui vont alimenter cette crise, le parlementaire cite, entre autres, l’amendement de la Constitution, les accusations portant sur la double nationalité de certains membres du gouvernement et des dépenses et la question du Fonds national de l’éducation (FNE).

« Sous quelle égide constitutionnelle sommes-nous aujourd’hui ? A-t-on abandonné l’amendement de la Constitution voté en mai dernier par une majorité écrasante au Parlement haïtien », se demande Steven Benoit. Selon l’élu de l’Alternative, le président de l’Assemblée nationale, Jean Rodolphe Joazil, le Premier ministre Gary Conille et le président de la République Michel Martelly devront clairement s’exprimer en ce sens. Les députés et les sénateurs qui ont voté ce texte ne pourront pas admettre que leur vote soit foulé aux piedx, s’insurge le sénateur.
Rien n’aurait empêché la publication du texte amendé dans le journal officiel Le Moniteur, avance Steven Benoît, qui redoute le vide au Sénat de la République. « Avec 30 parlementaires, le Sénat arrive difficilement à fonctionner, avec 20 ce sera pire, a fait remarquer le sénateur de l’Ouest, qui plaide en faveur de la création du Conseil électoral permanent tel que prévu par la Constitution amendée. Cette institution devra organiser les prochaines élections et éviter ce vide parlementaire ». Steven Benoît rejette l’idée que les prochaines élections soient organisées par un Conseil électoral provisoire qui, en général, selon lui, travaille au bénéfice du parti qui est au pouvoir.

A l’issu des assises organisées en décembre dernier à l’initiative des membres de la délégation du Club de Madrid, le président de la République, Michel Martelly, avait pris l’engagement d’avancer dans le cadre du dossier de l’amendement de la Constitution. Vendredi, le Premier ministre Gary Conille a également exprimé la volonté de l’exécutif de publier le texte.

La question de la double nationalité
« Un président de la République ne peut pas avoir trois passeports. C’est grave. Il doit être puni. Mais nous n’en sommes pas encore là », dit Steven Benoît, qui n’attend que le sénateur Moise Jean Charles fournisse les documents qu’il a en sa possession pour faire avancer le dossier. L’élu du Nord avait pointé du doigt le chef de l’Etat, trois ministres et un secrétaire d’Etat qui seraient détenteurs de passeports étrangers.

Misant sur ses expériences comme ancien membre de la commission qui a travaillé sur le dossier de la nationalité de deux députés à la Chambre basse au cours de la 48e législature, Steven Benoît dit prendre l’affaire très au sérieux. Il invite ses collègues à avoir le même comportement.

Il est temps d’arrêter avec les politiques de deux poids deux mesures. Il était avéré que plusieurs ministres sous la présidence de René Préval avaient la double nationalité alors que Moise Jean Charles n’avait jamais pris le soin de les dénoncer », réagit pour sa part Pierre Espérance. Le secrétaire exécutif du RNDDH cite l’ancien ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé.
Pierre Espérance a d’un autre côté minimisé les déclarations du sénateur Benoît, recommandant la formation du Conseil électoral permanent comme moyen d’éviter que les élections soient organisées au profit du parti au pouvoir. « Ceci ne pourra empêcher cela. Que ce soit avec un Conseil électoral provisoire ou avec un Conseil électoral permanent, rien ne pourra empêcher le gouvernement de voler les élections, s’il le souhaite »,a dit Pierre Espérance sur un ton teinté de réalisme politique.

Le FNE, un autre dossier qui fâche
Parmi les dossiers qui sont susceptibles d’alimenter la crise figure le Fonds national d’éducation. Il y aurait un trou de 20 millions de dollars dans le fonds destiné à financer le programme d’éducation gratuite, a dit le président de la commission anti-corruption au Sénat de la république, se référant à des révélations du responsable de la Digicel en Haïti, Denis O’Brien. Dans une rencontre avec la commission de Finance du Sénat de la république au cours de mois de décembre, le gouverneur de la Banque centrale, Charles Castel, avait indiqué qu’il y avait sur le compte du FNE 4,8 millions de dollars générés par les taxes sur les trasferts. Les taxes prélevées sur les appels téléphoniques ne sont pas gérés par la Banque centrale, avait-il aussi fait savoir.

Selon le président de la République et les responsables du ministère de l’Education, 903 000 enfants ont déjà bénéficié du programme. D’où sortent ces chiffres, se demande Steven Benoît. Le sénateur compte inviter le ministre de l’Education et de la Formation professionnelle à lui fournir des preuves concernant cette information au niveau du département de l’Ouest. Le parlementaire invite ses collègues à faire autant au niveau de leur département.

Steven Benoit se questionne également sur la provenance des fonds qui ont permis d’envoyer ces enfants à l’école. Il n’ y avait aucun fonds prévu à cet effet dans le budget reconduit, a-t-il dit, rappelant que les 4,8 millions du FNE ne peuvent être utilisés avant l’adoption d’un cadre légal.

Danio Darius

daniodarius001@yahoo.com








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